
Selon moi la seule franchise qui commence à partir du numéro 2, Saints Row représente tout ce que Grand Theft Auto n’est pas (ou plus). Bac à sable bas du front, action « over the top » comme diraient nos amis outre-Manche, du n’importe quoi mais à grande échelle et sans jamais oublier le facteur fun. J’apprécie l’ironie du sort qui veut que ce soit moi, le plus prude du groupe, qui vais devoir parler d’un jeu comportant un gode géant, du nu-vite et dont une pornstar (Sasha Grey) assure la promotion. Tout cela pour pouvoir écrire dans la liste des tags des mots que l’on utilise rarement et qui pourtant possède un pouvoir magique certain : pénis géant, lance-poulpe, zombies, motojet… Alors plutôt que de vous laisser imaginer le bonheur que je ressens en écrivant ces mots, je vais vous parler directement du jeu.
De quoi se (ré-)jouir
Difficile d’évoquer Saints Row The Third sans mentionner son prédécesseur direct. Tombé par hasard dans mon escarcelle grâce à mon pote Youushiii qui souhaitait que nous le fassions en coopération, Saints Row 2 m’a d’abord fait peur. Digne de tourner sur la Xbox première du nom, avec une conduite des véhicules absolument ignoble et une réalisation technique qui faisait passer le jeu pour une daube infâme, je ne comprends toujours pas comment j’ai pu y jouer. Enfin, si, le FUN. Dans un Saints Row vous ne vous sentez pas étriqués comme dans un Grand Theft Auto : Vous pouvez faire un base jump de 10 m de haut si l’envie vous en prend, poursuivre des furries dans toute la ville pour leur faire la peau, sauter d’un avion en parachute puis y rentrer de nouveau par les hublots du cockpit, piloter une motojet, vous faire livrer un hélicoptère comme si c’était une pizza, tirer au lance-poulpe sur les ennemis pour en faire des danseurs à votre botte… Avis aux claustrophobes, le bac à sable est plein, pas d’inquiétude tout va bien.

Rise to POWER!
Nous suivons donc de nouveau le gang des Saints après les avoir menés au pouvoir dans la ville de Stilwater. Devenus de véritables célébrités avec leurs propres produits dérivés, les Saints arrivent dans la ville de Steelport et se heurtent au Syndicat, un groupe de trois gangs : les Morning stars (costumes classes et sexy), les Deckers (à la Tron) et les Luchadores (les catcheurs). Sans spoiler, le Syndicat va vous faire mal et vous allez décider de faire de Steelport votre nouveau terrain de jeu. Votre but sera donc de regagner de l’influence sur les territoires possédés par vos trois rivaux pour contrôler Steelport dans son intégralité. Chaque mission et chaque activité vous permettra de récupérer un bout de terrain. Les missions commencent de manière très épique, il y a ensuite un ventre mou une fois arrivé au second tiers, principalement car le jeu en profitera pour vous présenter l’ensemble des activités annexes (c’est un peu long) et le dernier tiers est de nouveau très sympa à l’exception de la dernière mission, un peu en retrait. Vous croiserez des zombies, des représentants du S.H.I.E.L.D. (ah non, ici ce sont les STAG mais la parenté est flagrante), des prostiputes, pas mal de policiers, des brutes (HULK sans l’énervement) et pas mal d’autres surprises.

On regrettera tout de même la disparition de l’activité dite « aspersion de merde » qui permettait de repeindre les bâtiments afin de réduire leur valeur immobilière. On découvrira en revanche l’émission du professeur Genki avec plaisir, sorte d’émission hystérique à la japonaise dans laquelle on devra trucider des furries, et grâce aux points obtenus débloquer la sortie. La fraude à l’assurance est de retour, et notre avatar sera de nouveau malmené lorsqu’il devra se faire écraser et rebondir de véhicule en véhicule afin de réaliser un maximum de points. Les nouveaux territoires permettront de gagner plus d’argent , qui vous permettra de débloquer de nouvelles compétences (jusqu’à l’invincibilité à certains dégâts), ou des améliorations pour vos armes (pistolets à balles explosives). Saints Row laisse aux oubliettes son multijoueur compétitif complètement inutile mais garde son coop jouissif. Je ne saurais d’ailleurs que trop vous conseiller de partager l’aventure avec un ami pour décupler le plaisir d’affronter cet univers qui s’assume complètement.
Comment décrire la maniabilité de SR3 ? En pratique, cela ressemble à un GTA auquel on aurait enlevé l’inertie. Cela fait donc beaucoup moins réaliste, mais plus maniable et plus réactif. Bon par contre, ça reste relativement truffé de bugs de collision, certains points de passage scriptés refuseront de se déclencher et le pathfinding de certains PNJ vous procurera souvent un certain sentiment d’exaspération, mais cela ne dure pas longtemps et ne vous pénalisera que très rarement. Techniquement, un grand bond a été fait par rapport au deuxième opus mais il reste encore un fossé à combler pour rivaliser avec le modèle. Malheureusement, cette avancée technique se traduit par une diminution du contenu. J’ai clairement eu l’impression que l’on me proposait moins d’activités, et l’histoire m’a paru extrêmement raccourcie par rapport à mes souvenirs de SR2. A contrario, les personnages m’ont paru plus développés et plus sympas, mention spéciale à Zimos « Don’t wake the bitches » qui à cause de sa trachéotomie parle avec une sorte de vocoder. Le scénario se poursuit bien plus assidûment (difficile de décrocher) jusqu’à son dénouement.

Notation :
- Graphismes : 14/20
Beaucoup de progrès dans l’ensemble (encore plus flagrants sur PC), mais cela reste en retrait pas rapport aux productions actuelles.
- Bande son : 17/20
La radio est un vrai régal. L’utilisation de Power de Kanye West dans une des missions est tout simplement fantastique et de manière générale les bruitages sont maîtrisés. Mon seul bémol viendrait du bruit des moteurs, qui semblent avoir 12 vitesses.
- Gameplay : 16/20
La maniabilité est un peu déconcertante mais la note est justifiée car on s’amuse beaucoup sans jamais avoir l’impression que le jeu joue contre nous.
- Scénario : 14/20
Comment noter du pur WTF ? Cela manque toutefois un peu de liaison entre les missions et le découpage est parfois tellement haché qu’on se demande si on n’a pas fermé les yeux un instant. En tout cas, on sent que les développeurs veulent nous faire vivre du jamais vu.
- Durée de vie : 13/20
Compter 10-15 heures pour l’histoire et 30 heures pour obtenir tous les succès du jeu. La trame principale paraît malheureusement trop courte.
Note Finale : 16/20
SR3 a été pour moi un immense pied et ce, même s’il s’est révélé « un peu court jeune homme » malgré le godemiché géant régulièrement mis en avant. Bref, si vous avez un pote et aimez l’action à la Bruce Willis avec un petit côté pervers, foncez c’est de la bonne (et Volition a dû en prendre aussi).
Par : Morty
Remerciements et Crédits : THQ, Volition


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