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Après avoir vu mi décembre l’histoire de Level 5 et les hommes clés derrière la série du Professeur Layton, nous allons rentrer dans le vif du sujet avec le test du Professeur Layton et l’Appel du Spectre. Le jeu sortie à la fin du mois de novembre fait partie des derniers jeux importants à sortir sur la Nintendo DS, ainsi que le dernier épisode du Professeur Layton sur cette même console.

C’est l’histoire d’un assistant

Ce quatrième volet de la saga du Professeur Layton nous propose de découvrir comment Layton et son assistant Luke se sont rencontrés et sont devenus partenaires. Tout commence quand le professeur reçoit une lettre d’un ami de longue date, Clark Triton, à la fois maire d’une ville de campagne, Misthallery, et père de Luke (référence au côté obscur?). Simplement, un message caché dans la lettre (la première énigme de l’histoire) lui fait dire que l’affaire n’est peut-être pas aussi simple qu’elle n’y paraît.

Direction la campagne anglaise, dans une ville que l’on découvrira au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire. Chose intéressante, on ne change pas de lieu (à l’exception d’un bref retour à Londres) tout au long de l’intrigue. Cette unité de lieu est clairement essentielle afin d’obtenir une consistance nécessaire pour garder l’attention du joueur.

Les environnements sont d’ailleurs un des points forts du jeu, et même si les précédents volets avaient mis la barre haute, on est clairement devant un des plus beaux jeux de la Nintendo DS. Tout comme le sont les vidéos d’animation disséminées ça et là, mais là encore cela reste une des clés du succès de la série.

Des nouveautés?

Si on reconnait volontiers les qualités de la série du professeur Layton (ce n’est pas moi qui vous dirai le contraire), il est à noter que son plus gros défaut est son manque d’innovation. Il est évident qu’entre l’Etrange Village et Le Destin Perdu, les seules différences venaient de l’intrigue et des mini jeux complémentaires. En clair, pas grand chose. Si ce nouvel épisode semble aussi se diriger dans ce même mouvement, il apporte son lot d’ajustements plutôt bien trouvés.

Tout d’abord, les énigmes ne se trouvent pas seulement sous leur forme classique, avec les picarats récompensant les bonnes réponses. En effet, il y a tout d’abord des énigmes à résoudre, nécessaires pour avancer dans l’intrigue, mais qui se lancent automatiquement sans qu’il y ait la moindre récompense à la clé. Plutôt bien trouvé, on peut leur reprocher leur faible nombre d’apparition. Enfin, un troisième type d’énigmes fait son apparition, même s’il serait plus juste de parler de résolution d’énigmes. Avec ce quatrième épisode, on devient enfin actif pour la résolution des noeuds principaux de l’intrigue. Cela prend la forme d’un questionnaire à choix multiples et d’un dialogue entre Layton et Luke. C’est une bonne façon de remettre l’intrigue en place si l’on ne sait plus où on en est. Les réponses sont souvent convenues, mais cette phase de jeu apporte un dynamisme certain, loin d’une suite de dialogue n’impliquant pas le joueur.

Le dynamisme, c’est clairement ce qui manque à la saga du Professeur Layton. Même si par définition, difficile de rendre dynamique des écrans fixes. Pour pallier à ce défaut, Level 5 a décidé de rendre le joueur attentif à ce qui peut se passer à l’écran. Preuve en est, l’apparition de souris de façon aléatoire, nécessaires pour débloquer un mini jeu. Ce n’est certes pas grand chose, mais un plus sympathique pour la série.

Un mot sur les énigmes, elles sont dans la lignée des derniers épisodes, à savoir un niveau de difficulté qui va crescendo, mais certaines énigmes, pas toujours très bien expliquées, peuvent bloquer le joueur pour de mauvaises raisons (bisou à la n°47).

L’aventure c’est l’aventure

On l’a vu, Level 5 maîtrise très bien son sujet avec ce quatrième épisode. Si on reste dans le cadre classique, les développeurs ont su sortir des sentiers battus pour apporter une alternative aux précédents épisodes. Une amélioration que l’on retrouve au niveau du scénario. Le 3ème épisode m’avait semblé extrêmement confus de ce point de vue (c’est souvent le cas dans les intrigues où l’on utilise les voyages dans le temps), celui là s’en sort beaucoup mieux. Comme on l’a vu plus haut, l’unité de lieu apporte une vraie consistance à l’intrigue. Cette même consistance apporte un cadre bénéfique au bon déroulement du jeu, et il est clair que les développeurs ont pris du plaisir pour mettre en avant les différentes péripéties tout au long du jeu.

L’intrigue est un point fort de la saga, et l’onglet Mystères permet de revenir à tout moment sur les points d’ombres de l’histoire. Si cela commence tout doucement (n’oublions pas que nous sommes devant le premier épisode, chronologiquement parlant), le rythme prend le grand large une fois les deux premières heures passées. Le final est d’ailleurs tout bonnement excellent.

Du côté des personnages, on retrouve des caractères très typés. Luke reste toujours sur ses gardes, Emmy (la première assistante du professeur) est, au contraire, très « rentre dedans ». Mention spéciale pour l’inspecteur Grosky et sa gouaille, hélas trop peu présente. Sinon du très classique pour le reste du casting.

Le bon épisode

Ce dernier intertitre est sans concession, comme l’est la qualité du jeu. On déplore toujours un classicisme convenu, mais force est de constater que l’équipe de développement a su apporter des nouveautés pertinentes, dans la forme qu’elles prennent. On découvre avec plaisir dans quelles circonstances s’est formé le tandem. Le plaisir de jeu est bel et bien présent, et ce dernier épisode sur la Nintendo DS renforce la qualité de la saga.

Notation :

- Graphismes : 17/20
Toujours aussi bonne, la qualité des graphismes est partie prenante dans le succès de la série. Des phases de jeu aux cinématiques, la partie graphique est une réussite. Le chara design est maîtrisé et on prend un vrai plaisir à évoluer au sein de cet environnement.

- Bande Son : 17/20
Tomohito Nishiura, compositeur attitré de la série du Professeur Layton, a encore effectué un beau travail sur ce 4ème volet. On sent que le compositeur aime apporter de la diversité dans les instruments utilisés. D’ailleurs, la flute (ou l’ocarina serais-je tenté de dire) a ici une place prépodérante dans le jeu. Pleine de dynamisme et de fraicheur, l’OST de cet épisode du Professeur Layton est de grande qualité.

- Gameplay : 15/20
Du grand classique. Si l’on peut reprocher le manque d’innovations depuis le premier épisode, force est de constater que Level 5 a su apporter de la nouveauté dans le jeu, certes avec parcimonie. La jouabilité au stylet sied à merveille à la licence, et l’Appel du Spectre n’en est qu’une preuve supplémentaire.

- Scénario : 17/20
Sans un bon scénario, il est évident qu’un Professeur Layton perd de son intérêt. Si le 3è épisode m’avait paru confus de ce point de vue là, l’Appel du Spectre s’en sort beaucoup mieux. S’il ouvre la marche chronologiquement parlant, il distille savamment les réponses à l’intrigue qui se pose ici.

- Durée de vie : 16/20
Un peu plus de 13 heures, c’est le temps qu’il m’a fallu pour terminer le jeu. Sans avoir terminé toutes les énigmes, ni les mini jeux, présent comme à l’accoutumée, il reste encore du temps pour titiller les 100%. A noter que la version européenne s’est vue amputer de London Life, un mode de jeu supplémentaire qui prend la forme d’un RPG.

Note Finale 17/20

L’Appel Du Spectre est une réussite et laisse une belle empreinte dans le patrimoine de la Nintendo DS, avant son passage à la nouvelle génération. Level 5 a encore fait du bon travail et a trouvé la bonne recette pour plaire à un large public. Cette réussite est d’ailleurs présente dans tous les domaines, de la patte graphique au scénario en passant par la musique. On attend avec impatience la sortie européenne du prochain épisode, Professeur Layton et le Masque des Miracles, pour savoir si la transition avec la Nintendo 3DS sera bien digérée de la part des équipes de Level 5.

Par : Romain

Remerciements et crédits : Level 5, Nintendo

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