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Je me souviens de ma première expérience sur Rayman, quand j’avais genre 8/9 ans, sur Saturn. Et je crois bien que c’était sur ce jeu que le Rageur du Terrier s’est éveillé en moi. Pas qu’il était dur, non non, mais juste qu’à 8 ans, Rayman était peut-être un poil chaud. Allez comprendre. Mais rétrospectivement, je mets ça sur le compte de la jeunesse. Et aujourd’hui, Rayman vient de se libérer de ces Lapins Crétins qui le condamnaient récemment à rester dans le party game. Salauds. Il est temps pour moi de prendre revanche sur le passé. Et de torcher Rayman Origins.

Origins avec un S. Sans S ça porte malheur.

Si votre voisin ronflait tellement fort que ça vous énerverait, qu’est-ce que vous feriez? Dans le monde de Raymond Homme (c’est son surnom, pas officiel hein), les ronflements de notre héros et consorts provoquent tout simplement la colère du voisin des Enfers des Esprits Frappés, six pieds sous terre, et voici donc le pays de Rayman envahi de monstres et de Darktoons, capturant sur leur passage les Electoons.

En bref, le scénario, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a pas de princesse débile à sauver, merci mon dieu.

Et pour résoudre ce petit problème d’invasion, Rayman et ses acolytes vont devoir parcourir les 8 mondes en défonçant tout le monde, explorateurs à peau verte, Darktoons, saucisses, oiseaux, etc… Et, dans la mesure du possible, il faudra rammasser le plus de Lums (les petits êtres jaunes) possible, afin de progresser au maximum vers le 100% du jeu. Sans compter les épreuves de temps où les niveaux devront être rushés. Et sans oublier les phases dantesques de shoot’em up à dos de moustique. Hé oui. C’est pas une vie tout ça.

Wanna see what’s true old school, dawg?

C’est que Rayman, lui, a des corones, à défaut de bras et de jambes, car contrairement à ses compères plate-formistes Mario et Sonic, Rayman Origins est un jeu en pure 2D et non en 2.5D, sans cependant être une bouillie de pixels. L’UbiArt Framework se révèle être un excellent moteur 2D, qui fait tourner le jeu sans aucune baisse de framerate, en full HD et en 60 fps. Encore heureux, même pour nos vieillissantes consoles, et on est loin de l’époque où trop de sprites ralentissaient l’affichage à l’écran.

On aura donc droit à un jeu coloré, assez beau et maîtrisé, que ce soit dans les mondes de jungle, désert, glace ou océan. Et ça vous rappellera certainement vos heures perdues sur SNES/Genesis. Quant aux musiques, sans être aussi légendaires que celles de Nintendo en leur temps, elles font leur petit effet un peu WTF. Mention spéciale aux chants triturés dans les mondes océaniques du jeu. Dans tous les cas une bonne bande son.

Le gameplay est digne d’un gameplay Nintendo, ca répond au poil de fesse, avec des contrôles somme toute old school. Mais ne croyez pas que Rayman Origins soit aussi facile, oh que non. Sans tomber dans le Super Meat Boy, la difficulté peut se révéler parfois assez relevée, notamment dans des niveaux ou les sauts devront être précis au millimètre près. Dans certains niveaux – représentés par un coffre en cavalcade qu’il faudra compléter pour accéder au niveau secret – il vous faudra courir après ledit coffre. La moindre erreur ne sera pas pardonnée, trop lent, saut trop haut, faites ça une fois, vous êtes bons pour recommencer. Les niveaux classiques ne sont quant à eux pas très durs, mais pour viser le 100%, il faudra d’abord faire le niveau en mode exploration pour trouver le maximum de lums et trouver les cages cachées, et il vous faudra recommencer le niveau en mode Time Attack, c’est-à-dire sprint obligatoire. Quant aux phases de shmup, on est bien sûr loin d’un Ikaruga, mais ne vous attendez pas à passer comme dans du beurre.

Pour résumer, Rayman est d’une difficulté juste, jamais rageante. Et c’est moi qui le dit. Bon, ok, quelques fois rageante, avec quelques rares bugs sur les hitbox où l’on passe parfois à travers les ennemis, directement dans le vide. Mais cela importe peu vu les nombreux checkpoints. Dans tous les cas, vous passerez certainement un bon moment, en comptant environ 20h à 30h pour finir le jeu à 100%.

Forever Alone, même en co-op

Reste que, ce bon moment, peut-on le passer à plusieurs. Oui. Mais en local. C’est le gros point noir de Rayman Origins, qui aurait tout gagné à avoir un mode online pour le co-op, et je dirais même que dorénavant un jeu ayant un mode co-op mais sans être online me paraît être un anachronisme. Et malheureusement, ce n’est pas la première fois qu’Ubisoft fait un tel mauvais choix, rappellez-vous de Scott Pilgrim VS. The World, qui était encore plus difficile d’ailleurs, et que bien des gens n’auraient pas lâché si vite avec un mode online.

Du coup, on est obligé de se trimbaler 4 pads sur la même machine, et si vous parvenez à trouver 3 personnes motivées à lâcher CoD et à jouer à Rayman, le fun est assuré. Notamment dès que vous commencez à vous foutre sur la gueule entre amis, tel un Streets of Rage. Messieurs Angelus, Fox et Carmichael ont approuvé lors de la Paris Games Week. Mais, je me répète, pourquoi pas de online ?

Notation :

- Graphismes : 18/20
C’est coloré de partout, c’est beau, c’est bourré de pastel. Ou autre, je sais pas, j’y connais rien en art. Reste que Rayman Origins est l’archétype du jeu SNES avec des graphismes HD de maintenant. Respect.

- Bande son: 17/20
Un excellent travail fait pour coller à l’ambiance du jeu, avec des musiques parfois sous crack, mais qui se laissent écouter. Hé oui, mettre une grosse référence à Ennio Morricone dans un jeu de plate-forme, je ne peux que respecter.

- Gameplay: 18/20
Si Nintendo sont les maîtres du gameplay de plate-forme, l’équipe de Michel Ancel leur colle au cul tant leur moteur est maîtrisé, et cela se ressent dans le jeu.

- Scénario: 14/20
Bon, certes, c’est un scénario de jeu de plate-forme, c’est bateau au possible. Mais sans princesse blonde idiote et sans un trillion d’amis animaux à sauver, je mets une meilleure note. Et pis toc.

- Durée de vie: 15/20
Une quinzaine d’heures, peut-être moins, pour celui qui torchera le jeu en speedrun. Comptez 30h pour le 100%. Le niveau caché est une pure merveille, au fait.

Note finale : 17/20

Rayman Origins est le meilleur jeu de plate-forme de l’année et probablement l’un des meilleurs de cette génération, avec un gameplay à toute épreuve et une difficulté assez élevée sans tomber dans le masochisme. Les vieux routards du jeu vidéo ne pourront qu’apprécier ce jeu, même étant une sacoche aux jeux de plate-forme (sauf ceux qui arrivent pas à finir Sonic 2, hm?). Le gros point noir, c’est l’absence inexplicable de co-op online qui aurait fait gagner quelques ventes en plus au jeu. Et malheureusement, le jeu ne se vend pas. Et c’est bien dommage. Et si vous voulez un jour une suite à ce jeu, ou même un Beyond Good & Evil 2, vous feriez mieux d’acheter le jeu. Au lieu d’un map pack à 60€. Je dis ça, je dis rien.

Par : F-Cee

Remerciements et crédits : Ubisoft

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