
Pour que tout le monde soit satisfait, voici un pré-test court de Skyrim avec la note finale intégrée. La version longue et étoffée arrivera en fin d’après midi, le temps pour Fox de revenir à un comportement social normal. Nous essayons de lui retirer son casque et de lui faire poser son épée, s’il peut terminer son test sans hurler pour faire bouger les touches de son clavier, nous vous promettons que vous ne serez pas déçus.
Merci de votre incompréhension.
by
A-Team
Et Fox termina enfin son test…

The Elder Scrolls, une saga, une légende. La fin du XXème siècle à vu naître une série qui aujourd’hui voit poindre l’apogée de son histoire, commencée en catastrophe avec Arena dès 1994. Le jeu qui aurait dû être un pur titre d’action s’est étoffé dans le chaos, devenant au fil du temps une référence et un gage de qualité pour ses successeurs. Il faudra pourtant attendre 2002 pour que le 3ème volet, Morrowind, finisse par quitter le giron Pc pour s’établir sur une console de salon. La Xbox sera la première à accueillir un titre de la saga, puis sa sœur la 360 s’offrira Oblivion avant qu’il ne parte aussi rejoindre nos amis sur Playstation 3. Et voici, après 5 longues années, la suite de l’aventure, Skyrim, prenant place en Bordeciel, Terre des Nordiques et de Talos, plus connu comme Tiber Septim, Empereur de Tamriel, Membre des 9 Divins, le Fils du Dragon. Deux siècles après la fin d’Oblivon, un clandestin est mis aux fers après avoir passé la frontière. La Légion Impériale chasse les Sombrages, renégats Nordiques dont le chef a assassiné le Haut Roi de Bordeciel, favorable à l’Empire, et vous êtes mis dans le même sac. La guerre civile est partout, Tamriel se remet à peine d’un effroyable conflit, Uriel Septim VII n’est plus qu’un personnage de l’histoire, le temps à fait on œuvre. Alors que la mort s’apprête à prendre son dû, un dragon attaque. Il est Alduin, Roi des Dragons, le Dévoreur de Mondes des contes pour enfants. L’histoire commence…
Brise of Fire
Si sur consoles les textures basse définition et les erreurs d’installation sont un problème connu et réparable, sur Pc le jeu s’en tire fort bien. Au delà de la qualité générale très appréciable, c’est avant tout un renouveau graphique dans le design de l’univers qui s’est profondément opéré. Oblivion est souvent vu par les puristes de la série comme un fils indigne, beau, mais trop mou et pas assez envolé, qualifié de moins riche que le très désert et pourtant si séduisant Morrowind. Bordeciel est sauvage, une terre mêlant habilement des paysages nordiques de notre réalité et divers emprunts à des univers Heroïc Fantasy connus. Blancherive rappellera sans conteste le Rohan, avec ses plaines proche de la toundra, son paysage enclavé de montagnes et balayé par le vent. Islande, Alaska, Groenland, Népal, les références géographiques se font voyages et émerveillement.
Une météo changeante et parfois tenace viendra encore augmenter la sensation de nature hostile, et la faune sauvage lui donnera vie. Les personnages ont eux aussi eu un bon coup de polish, sans exceller outre mesure, leur rendu est d’un niveau nettement plus haut que sur Oblivion. Les animations faciales ont été retravaillées, les mouvements se font plus fins, et l’on est enfin heureux de voir de vraies animations de combats où son personnage donne l’impression de combattre. Côté diversité, les races connues sont toujours là avec de riches modifications possibles pour chacune, mais cependant une interrogation se pose sur un point particulier. La morphologie des Khajiits et autres Argoniens a changé, devenant plus humanoïde, abandonnant les genoux inversés et les grosses pattes palmées propres aux deux races, pour adopter jambes et pieds tout ce qu’il y a de plus communs. Quid des raisons de cette évolution, il faudra creuser la question, challenge accepted. Bethesda a été très à l’écoute de sa communauté, et même si ce n’est pas visible au premier coup d’oeil, l’on retrouvera certaines inspirations prise sur des mods Pc connus comme le Eye Candy ou le Body Replacer, apportant un large choix de morphologies et d’yeux divers.

Le level design est quant à lui bien plus travaillé, si Oblivion possédait une redondance dans ses grottes humides et ennuyeuses sur la durée, Skyrim se veut complet et varié. Tertres profonds, grottes donnant sur des cavernes oubliées, cairns renfermant des secrets inviolés, ruines Dwemer et réseaux souterrains, l’ensemble apporte une variété que jamais aucun Elder Scrolls n’avait su offrir. Encore une inspiration venue droit des mods, ne nombreux villages sont désormais ‘ouverts’, permettant d’un vie locale plus immersive, seules les grandes cités nécessiteront un chargement à leur entrée. La vie, une composante primordiale dans un RPG. Skyrim met enfin plus de vie dans ses cités et villages. Les forgerons travaillent au grand air et conversent avec les passants, les taverniers invitent les clients à se resservir une pinte, et les serveuses jouent de la musique pour distraire les voyageurs fatigués. L’intégration des enfants est aussi un plus qui apporte enfin une dimension réelle à l’existence d’un univers. Le jeu se veut plus cohérent, poussé, mais peine parfois à rattraper son retard de puissance. Sur consoles comme sur Pc, certains bugs sont parfois amusants, d’autres bien plus énervants. Nous parlons d’un jeu Bethesda, aucune création du studio n’a jamais été parfaite à son lancement, et si Skyrim n’échappe pas à la règle, sa qualité globale reste tout de même de haut niveau. C’est une belle reprise en main des équipe Bethesda qui ont donné le meilleur d’eux même pour créer une identité visuelle forte et séduisante, tant dans les décors que dans les personnages et les objets divers (bâtiments, armes, armures).

La bande son est proprement l’une des meilleures jamais produites par Jeremy Soule. L’homme magicien ayant composé les thèmes musicaux a repris ses partitions pour réécrire certains morceaux des anciens épisodes. Les musiques accompagnent le jeu avec brio, et même si certaines balades peuvent endormir les guerriers épuisés, leur composition est sans faille. Les doublages Français sont de bonne qualité, l’on notera peut-être un léger manque de variété dans les tons, retrouvant la même voix pour chaque forgeron, mais prenant en compte le nombre élevé de PNJ’s, jeter la pierre serait proprement indécent. Les sons des armes et des magies sont bien rendus, le vent omniprésent porte chaque pas et donne du corps au jeu, l’immersion auditive est totale sur toute la ligne.
Dovahkiin > Dove Attia
Attention, puristes et autres adeptes des programmes d’entrainement intensifs visant à booster vos statistiques, Bethesda marque un grand coup et change complètement la donne. Adieu Force Intelligence ou Volonté, Skyrim s’offre un nouveau système d’expérience et de talents. Toujours basé sur l’utilisation des compétences, ce nouveau système simplifié rend plus clairs et plus directs les choix de construction de votre personnage. Il ne sera plus nécessaire de sauter comme un cabri pour pexer votre acrobatie, ici tout le monde revient sur un pied d’égalité, seul le build principal compte. Déroutant au début, le système s’avère après quelques heures de jeu assez pratique, chaque capacité est représentée par une constellation, et les étoiles de ces dernières forment des arbres de compétences. Toujours soumises à la règle des niveaux, il faudra travailler une capacité en profondeur pour débloquer les capacités et passifs les plus intéressants (réduction du poids des armures, dégâts critiques des armes, réduction des coûts des sorts).

Un guerrier désireux d’obtenir les meilleures armures devra se rendre à la forge de son choix afin de travailler les métaux et de gagner les points nécessaires pour les débloquer, mais il devra aussi posséder les bons matériaux pour concevoir les objets qu’il convoite. Un mage devra invoquer des esprits ou enchanter de nombreux objets avec des gemmes spirituelles pour devenir une invocateur ou un enchanteur redouté, et convoquer les puissants Daedras des plans d’Oblivon. Plus simple dans ses arbres, Skyrim n’est pas simpliste pour autant. La grande quantité de talents divers requerra de se concentrer sur des compétences utiles aux bon déroulement de sa partie, délaissant certains aspects au profit d’autres plus primordiaux.
Côté gameplay pur, le maniement de votre personnage est toujours en vue FPS, mais une vue 3ème personne enfin pleinement jouable est aussi proposée. Jouer en vue extérieure est nettement plus facile et donne un côté Gothic au jeu, permettant d’admirer son Dovahkiin sous toutes les coutures et de combattre avec les magnifiques panoramas en arrière plan. Sur Pc il est bien sûr recommandé de jouer au combo clavier-souris, mais le pad est aussi parfaitement utilisable, avec un léger bémol lors des déplacements du curseur dans les constellations des compétences. Les menus ont été simplifiés mais perdent en ergonomie dès lors qu’il s’agit de ranger quelque chose dans un coffre. Si Oblivion permettait de classer ses items par type, les coffres de Bordeciel redeviennent de simples contenants, et les collectionneurs devront jongler entre plusieurs meubles de rangement pour se retrouver dans leur butin. Le menu de personnage possède évidemment un classement par type d’objets, en ajoutant un petit plus qui permet de ne pas perdre de rythme en combat, les favoris. Sélectionnez n’importe quel item, magie, cri, ou pouvoir, mettez-le dans les favoris, il vous suffira d’utiliser le BMD Haut / Bas ou le raccourcis choisi pour y accéder en un instant. Bien plus facile d’utilisation que la triste roue d’Oblivion, ce système montre néanmoins ses limites dès que votre personnage atteint un niveau élevé, jongler avec les pouvoirs peut prendre du temps si vous avez choisi nombre d’entre-eux, le classement alphabétique aurait pu être en complément d’onglets par genres.

En armurerie et défense, le choix est vaste et les étals bien achalandés. Les nombreuses armes vous donneront de quoi traiter avec les différents malandrins et bestiaux, une main, deux mains, et même une arme dans chaque main, nouveauté fort appréciable. Dagues, Haches, Espadons, Masses, Arcs, Bâtons Magiques, seront là pour vous servir au mieux. Hormis les bâtons, chaque arme pourra être forgée, puis améliorée en allant sur une meule et en utilisant le composé demandé. Votre niveau d’armurerie pourra au final vous octroyer l’augmentation Légendaire, pouvant doubler voire tripler la puissance de base de votre arme, pour votre plus grand bonheur. Les armures ne sont pas en reste puisqu’il vous suffira de vous rendre à l’établi voisin pour augmenter leur défense selon le même principe, atteignant des valeurs d’armure affolantes.
Artofscreaming.skm
Etant Fils du Dragon, vous disposez d’un pouvoir unique, celui d’absorber les âmes des dragons et de parler leur langue naturellement. L’Art de la Voix est un pouvoir unique chez les Nordiques, pouvoir longtemps utilisé par les grands guerriers, mais seul un Dovahkiin peut assimiler ce pouvoir quelle que soit sa race aussi facilement qu’il respire. Dans votre quête pour sauver Bordeciel et Tamriel, vous affronterez moult dragons et accumulerez leurs âmes, elles vous serviront à débloquer des cris, les Thu’ums. Chaque Thu’um possède un pouvoir différent, du déplacement rapide à la détection de vie, en passant par les pouvoirs de combat comme le souffle de feu, les Thu’ums seront vos alliés dans n’importe quelle situation. N’utilisant pas votre magie, les Thu’ums sont soumis à un temps de rechargement variable en fonction de la puissance et du type de cri. Un cri de diversion se rechargera très vite afin d’être rapidement réutilisable, alors qu’un souffle de feu ou un cri repoussant mettront plus de temps avant de pouvoir être relancés. Chaque Thu’um est composé de 3 mots en langue draconique, une fois réunis, le cri atteindra sa puissance maximale. Pour apprendre de nouveaux cris ou compléter les Thu’ums déjà obtenus, vous partirez en quête des Murs de Dragon, stèles laissées par les anciens Nordiques à l’intention du prochain Dovahkiin devant accomplir la prophétie.

Qui dit RPG, dit quêtes, et Skyrim est de loin le plus riche de tous les Elder Scrolls. La partie principale est découpée en deux parties distinctes liées par un tronc commun scénaristique, afin de rappeler au joueur qu’il n’y a pas qu’un seul enjeu en Bordeciel. Viennent ensuite plusieurs types que quêtes, les secondaires, qui réunissent les missions de guildes, de factions, les requêtes des Princes Daedras ou autres requêtes données par les villageois qui peuplent le pays. Ces dernières missions sont aussi auto-générées, ce qui veut dire qu’une fois le jeu plié sous tous les angles, vous aurez encore à faire et à looter. Les ennemis de base seront composés de brigands, Parjures et autres animaux sauvages, ou de Draugr et de Falmers si vous visitez un tertre ou une ruine Dwemer. Mention spéciale aux nouveaux automates Dwemers connus dans Morrowind et Tribunal qui font un retour fracassant dans les ruines oubliées.
Supporté par 17 années d’histoire et un background impressionnant, Skyrim fait aussi la part belle à l’immersion dans un univers qui se renouvelle à chaque jeu. Le joueur novice ne sera pourtant pas laissé pour compte, il découvrira au travers de livres et de récits glanés chez divers PNJ’s les fondamentaux, comprendra une géopolitique complexe et les enjeux de ses actions. Parce qu’un RPG c’est aussi des choix, de nombreux axes et bifurcations sont disséminés dans et autour des trames pour donner un sentiment d’existence au joueur, cette composante essentielle rend Skyrim plus que chronophage, et ce ne sont pas mes 100 Heures dessus et mes cernes qui diront le contraire.
Alduin Mahlaan
Le scénario de Skyrim vous remet dans les conditions générales d’emploi d’un héros d’Elder Scrolls. Vous commencez prisonnier, et votre destin vient vous frapper en plein visage, faisant de votre pauvre carcasse le sauveur du monde. C’est peu original certes, mais jamais auparavant élu n’eut été plus badass. Être Dovahkiin, c’est affronter seul des dragons millénaires, pousser des cris qui pulvérisent vos ennemis, et décapiter les brigands et autres Draugr Forcen (le é a été dévoré lors des guerres draconiques). La cohérence et la continuité d’Oblivion est parfaitement intégrée dans les nombreux ouvrages parsemant le jeu, tout comme les rouages complexes menant aux évènements se déroulant au cours de l’histoire.

Chaque ville possède sa mythologie propre, Solitude, ‘la Capitale des Rois Fous’ vous en montrera l’un des plus beaux aspects. L’immersion devient plongeon dans l’abîme lorsque le connaisseur retrouve des pans des anciens jeux racontés à l’époque de Dovahkiin. Dès lors il passera son temps à chercher les ouvrages racontant ce qu’il est advenu de ses héros passés, chassant des réponses qui l’ont parfois tenu éveillé. Le seul point noir pourrait être une fin un peu abrupte pour qui ne serait pas prêt, le seul conseil que je puisse donner sans spoiler et de mettre un coup de frein dès que la mission ‘Le Déchu’ sera disponible. Les Elder Scrolls ne sont pas des jeux que l’ont fait à la va-vite, ils sont autant contemplatifs qu’immersifs, ils sont un vin qui se déguste lentement, un cigare dont chaque volute emporte des saveurs uniques, ils sont la Côte de Bœuf du RPG Européen. Be Mentlegen, play safe, play smart.
Durée de vie + Skyrim = Enfer. Si vous êtes un professionnel du RPG Euro, un premier run vous prendra 70 heures, si vous résistez à la tentation de ne pas flâner. Si vous êtes normal, vous ne le terminerez jamais faute de temps. Si vous êtes un fan et joueur Pc, vous en avez pour des mois et des années, car bientôt les génies de TES Nexus et consorts nous pondront des mods de Qualitay à faire pleurer les développeurs eux-mêmes. Et je ne parle pas des possibles et certains DLC’s qui vont venir se greffer au jeu principal, je rêve d’un retour à Vvardenfell, et de revoir Vivec une fois de plus…

Notation :
- Graphismes : Consoles 15/20 / Pc 17/20
Le Pc gagne le match en termes de qualité, mais l’ensemble est proche de la perfection.
- Bande son : 18/20
Jeremy Soule, what else ? Bémol sur les doublages Français, mais c’est pardonnable
- Gameplay : 17/20
Riche et bien pensé, il y aurait quelques petites modifications à faire, peut-être seront-elles effectuées. Clavier-souris ou Pad, c’est parfaitement jouable.
- Scénario : 18/20
C’est riche BORDEL, j’ai attendu 5 ans, je ne suis déçu sur aucun point.
- Durée de vie : 19/20
Quittez votre femme, votre homme, votre boulot, le chômage est la seule solution. Rejoignez-les, ils flottent tous en bas, ils flottent tous en baaaaas !
Note Finale : 18/20
Stoppez les machines, nous tenons le GOTY 2011/2012, baissez les armes, le Roi est de retour. Skyrim est un incontournable pour qui aime le RPG Européen, Bethesda signe ici sa plus magistrale production, et nous offre le digne héritier de Morrowind. Certes je suis un fan de la série, mon avis et tout à fait discutable, mais il ne faudrait pas m’obliger à crier si vous voyez ce que je veux dire.
FUUUS ROH DAAAAAH !
Par : Fox
Remerciements et Crédits : Bethesda Softworks, AK&Co, et la A-Team pour m’avoir sorti de mon addiction pour finir le test.


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