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La Nintendo 3Ds est sortie depuis un mois et pourtant force est de constater que l’enthousiasme n’est pas encore au rendez-vous. La faute à un line up faisant la part belle aux éditeurs tiers plutôt qu’aux licences fortes de la firme de Kyoto. Un retard au démarrage qui fait que les objectifs de vente de la console ne sont pas atteints (3,61 millions d’exemplaires vendus contre 4 millions espérés). En attendant le remake de The Legend of Zelda : Ocarina of Time, intéressons-nous ici à une licence Nintendo moins connue : Pilotwings Resort.

La dernière fois qu’il a daigné pointer le bout de son nez, c’était sur Nintendo 64, et c’était il y a 15 ans. C’est dire si le dépoussiérage est important. Le but de cette nouvelle version peut paraître simpliste, puisqu’il s’agira d’apprendre à maîtriser 3 types d’appareils volants (bien identifiés ceux-là). En plus de l’avion, on pourra retrouver le jet pack (nommé ici « ceinture fusée ») ainsi que le deltaplane, autour de différents exercices, à l’image de ce que peut proposer un Gran Turismo avec le système des permis. L’unité de lieu est respectée puisque toutes les étapes se déroule sur l’Ile Wuhu.

Ces petites épreuves (allant de 1 à 5 minutes sur les épreuves plus complexes) sont d’ailleurs suffisamment variées pour trouver un nouvel intérêt même après la 30ème épreuve. Ainsi, on devra éteindre des incendies avec son avion, puis atteindre une altitude de 500 mètres avant d’atterrir en deltaplane. Cette mutitude d’épreuves permet d’avoir un large aperçu des manoeuvres qu’il faudra effectuer lors des niveaux de difficulté supérieurs.

Ainsi, pas moins de 5 niveaux de difficulté sont présents, de novice à platine, de la découverte de son appareil à la maîtrise de ce dernier, tout est fait pour apprécier la montée en difficulté du soft.

Redondance, j’écris ton nom?

Malgré tout, on ne peut pas s’empêcher de penser que le contenu n’est pas suffisamment important pour intéresser le joueur extrêmement longtemps. Si à l’origine, seul le niveau « Novice » est disponible, le déblocage des différents niveaux se fait assez facilement (hormis le dernier niveau de difficulté). De là, le manque de challenge devient assez problématique, et ce n’est pas le mode « Vol Libre » qui fera que votre 3DS restera plus longtemps allumée.

En effet, alors que l’on pouvait s’attendre à pouvoir découvrir l’Ile Wuhu librement, on s’aperçoit que l’on ne peut faire que des sessions limitées dans le temps (1min30) ! Certes, l’Ile n’est pas très grande, on en fait vite le tour, mais ne pas pouvoir en profiter pleinement est assez problématique. Le but de ce mode de jeu est de récupérer différents items cachés sur l’île (ballons, anneaux,…). Et même si l’on pourra au final, et une fois les différentes missions terminés, jouer avec d’autres appareils (simple updates des 3 vaisseaux volants de base) et choisir entre le jour et la nuit pour profiter de l’Ile Wuhu, on sent un réel manque de profondeur.

Le compas dans l’oeil

Pilotwings Resort s’avère assez joli, même si on pouvait s’attendre à quelque chose de plus détaillé. Avant tout, si vous êtes allergique à « l’univers » des Mii, passez votre chemin. Tout est fait pour conserver l’homogénéité des petits personnages arrivés avec la Wii. On se doute bien que Nintendo souhaite les mettre en avant, mais ça nous donne l’impression de n’avoir affaire ici qu’à un mode de jeu supplémentaire de Wii Sports Resort (qui se déroule également sur l’Ile Wuhu).

Cependant un dilemme s’offre à moi. En effet, l’effet de profondeur permis par la console est certes appréciable mais j’ai préféré l’enlever, notamment pour les phases finales des missions puisque l’on doit atterrir sur des endroits bien spécifiques, que ce soit des cibles (ceinture fusée et deltaplane) ou sur une piste (avion). L’effet 3D est malgré tout sympathique lors des phases de vol mais il s’avère dommage de devoir jongler avec la 2D afin d’être sûr de ne pas perdre bêtement des points en fin de parcours, dû à un problème certain de perspectives.

Dans le même ordre d’idée, il est dommage de ne pouvoir profiter de plus de vues, comme une vue subjective ou une caméra plus en retrait, qui auraient pu apporter un confort plus important pour le joueur.

Des sensations pures

Même si le ton de mon article peut paraître pessimiste, il y a un point important que je n’ai pas encore abordé : le plaisir du jeu. Il s’agit du point fort du soft. On prend du plaisir à jouer à Pilotwings, que ce soit à voler à flan de montagne ou à planer au dessus de l’océan. Mention spéciale au Deltaplane, où il faudra savoir gérer sa vitesse, offrant ainsi une vraie immersion. Les épreuves liées à l’appareil m’ont d’ailleurs fait penser aux mini jeux présents dans Spyro The Dragon (Psone) où l’on devait récupérer des items sur un temps limité (tiens tiens …).

Les phases de jeu en avion sont elles aussi agréables, la ceinture fusée restant en retrait, dù à des épreuves plus crispantes (dù notamment à la physique de l’appareil, nous obligeant à piloter par à coups aux endroits demandant de la précision).

La musique participe à ce plaisir de jeu, véritablement… planante. Mais cela ne concerne que les épreuves de deltaplane, car pour le reste, les mélodies ne sont pas mémorables.

En terme de maniabilité, la prise en main est très simple, le contrôle au stick est agréable et précis. Seul problème, les gachettes trop petites et pas adaptées à la position des mains. Quand on sait que les figures ne sont possibles que par ce biais là, c’est dommageable.

Enfin, en terme de durée de vie, il y a deux niveaux de lectures possibles. Vous souhaitez juste débloquer toutes les épreuves, et terminer le mode libre, compter au maximum 5 à 6 heures. Vous souhaitez débloquer toutes les épreuves, et les finir à 100%, alors vous comptez facilement le double, le challenge étant réellement présent à qui veut lui donner de l’importance.

Notation

- Graphismes : 14/20

Une mise en bouche sympathique pour découvrir la nouvelle console portable de Nintendo, mais on attend encore les jeux qui pourront nous éblouir davantage. L’effet de profondeur est plutôt bien retranscrit, même s’il peut être pénalisant au moment de l’atterrissage des appareils.

- Bande Son : 12/20

Une bande son qui ne prend réellement son envol qu’avec les épreuves en Deltaplane, le reste des mélodies restent anecdotiques et plus en retrait.

- Scénario -/20

Pas de scénario, pas de note.

- Durée de vie : 14/20

Le dilemme du jeu. Le plaisir de voler est présent, mais la répétitivité risque d’arriver rapidement si le challenge ne vous intéresse pas. A contrario, si vous souhaitez débloquer toutes les épreuves à 100%, alors ce titre peut vous suivre un long moment dans votre 3DS

Conclusion : 13/20

Même si le principe de Pilotwings reste vraiment intéressant, avec un plaisir de jeu certain, il est dommage d’avoir l’impression de jouer à un jeu dont le potentiel a été gaché. Graphiquement sympathique, il pêche plus par un manque de défis intéressants que par manque d’intérêt. Un peu dommage pour un jeu Nintendo, qui aurait pu aider la 3DS à avoir un démarrage moins poussif que celui qu’elle connaît actuellement.

Malgré tout, étant donné la faiblesse du line up de lancement, je ne peux que vous conseillez de le tester avant de l’acheter, en attendant le mois de juin et l’arrivée du remake de The Legend of Zelda : Ocarina of Time, ou encore de Starfox 3DS qui semble mieux armé que Pilotwings pour attirer les joueurs. La fibre nostalgique a du bon, encore faut-il savoir l’exploiter correctement.

Par : Romain