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L’automne entre dans sa phase froide et sombre, l’hiver arrive à grands pas, et déjà les corps se couvrent de lainages épais. Je vous offre une symphonie de couleurs, un voyage vers l’Ouest, Enslaved.

Développé par Ninja Theory, parents du célèbre Heavenly Sword de la Playstation 3, Enslaved vous propose un voyage dans un monde post-apocalyptique, le tout servi sur un arc-en-ciel.

Vous êtes un prisonnier dans une cuve cryogénique dans un étrange vaisseau. Suite à un ‘accident’, votre capsule est éjectée dans la salle où vous êtes retenu. Seule certitude, la jeune fille qui s’est échappée de la sienne est pour quelque chose dans cet incident, et vous allez devoir sortir vite de là. Seul problème, une fois sorti de ces ennuis, c’est un autre genre de problèmes qui vous colleront au train. Trip, la jeune fille que vous poursuiviez et avec qui vous vous êtes éjecté du vaisseau vous a collé une couronne d’esclave, et si vous ne faites pas ce qu’elle veut, vous mourrez…

Unreal World

Enslaved bénéficie d’une réalisation graphique de haut vol, le Unreal Engine pousse loin dans les tours. C’est un monde luxuriant qui vous ouvrira ses portes lorsque le jeu commencera, riche et coloré, vous ne pourrez que succomber. Le design des personnages est peut être plus discutable, certains n’accrochant pas à Monkey, notre héros hirsute et quelque peu simiesque. On notera un   engouement plus net devant la jolie Trip, personnage géré par l’IA qui a bénéficié de formes, disons plus généreuses. Le point fort se situe des les animations faciales qui sont d’un très haut niveau, il est agréable de voir des rictus précis lors des combats, et des mimiques fines lors des scènes de discussion. Dans l’ensemble, les personnages sont de très bonne qualité, mis à part un peu d’aliasing sur la coupe de super guerrier de Monkey, et quelques bugs d’affichage très mineurs. Le level design est somme toute assez sommaire puisque vous n’arpenterez qu’un seul chemin possible, au milieu de décors assez ouverts et riches, c’est un peu dommage. Malgré tout, l’univers offre une belle qualité et des environnements variés, et des acrobaties à la pelle. Du côté des défauts plus gênants, la caméra en combat aura tendance à partir en sucette dans les zones exigües, des ralentissements se feront sentir de manière sporadique, et certaines cinématiques vous sembleront ne pas venir du jeu tant la qualité baisse. Mais là encore, rien de vraiment handicapant face aux qualités citées plus haut.

La bande son est agréable et immerge bien le joueur, sans pour autant se faire trop présente. On notera des sonorités rock saupoudrées de thèmes plus classiques selon les scènes, c’est efficace. Le doublage Français est de bonne qualité, les fans d’Andy Serkis regretteront peut être le passage VF, mais les voix ont tout de même du caractère. Les sons généraux sont bons sans être exceptionnels, l’univers étant assez vide de vie organique, c’est une ambiance assez métallique qui englobe le titre.

Asservissement Par Corps

Le gameplay d’Enslaved est un mélange de beat’em all, de plateforme et d’exploration, le tout pimenté d’une mégère coopération avec Trip, gérée par l’IA. Etant donné que vous êtes son esclave, vous devrez coopérer avec elle pour avancer dans les niveaux. Grâce à une interface simple et efficace, vous pourrez donner des ordres à votre Maîtresse pour qu’elle exécute certaines actions qui vous aideront à vous en sortir. Mais Trip est aussi une experte en systèmes informatiques, et elle vous aidera en améliorant vos compétences générales. En récupérant des orbes dans les niveaux, vous aurez la possibilité d’augmenter vos capacités. Combat, bâton, boucliers, vie, munitions, Monkey devra devenir meilleur pour mener à bien sa mission et recouvrer sa liberté.

La partie combat est un peu le parent pauvre du titre, malgré le côté très speed et nerveux, les combos ne sont pas légion, et on se retrouve vite à enchainer les mêmes coups. Le bâton de Monkey, ressemblant fortement à celui d’un jeune Sayen, ses possibilités auraient pu être plus nombreuses, mais au final, cette simplicité paie. Vous pourrez aussi utiliser ce dernier comme un canon, tirant des balles d’énergie ou des projectiles IEM, paralysant les ennemis pour mieux les bastonner derrière. Vous devrez utiliser les esquives et les coups déblocables  pour vous défaire des robots,

Les phases de plateforme sont la grosse composante du jeu, elles servent aussi bien à l’avancement du scénario qu’à la découverte des décors sublimes. Là non plus rien de compliqué, tout est géré quasi automatiquement lors des sauts, offrant au joueur le plaisir de profiter des environnements. On retrouvera quelques scènes qui rappelleront Uncharted, avec des séquences d’escalade sous pression. Monkey porte bien son nom et est capable des acrobaties les plus folles, toujours spectaculaires, et rarement faisables par un simple humain. Pour les parties d’exploration, les phases débuteront toujours de la même manière. Trip enverra sa libellule robot pour scanner la zone, montrant la position des robots et autres interactions, ainsi que la sortie, ces infos seront envoyées sur votre couronne pour connaître les emplacements pièges ou des mines. Monkey aura droit aussi à quelques scènes avec son ‘nuage’, un disque qui lui permet de surfer dans certaines zones, donnant lieu à des séquences de ride assez sympathiques.

Le jeu s’avère simple dans son ensemble, les plus hardcores le trouveront certainement trop facile et linéaire, mais au final, le jeu tient plus du film d’animation interactif que du soft pur et dur. On jouera sans grandes embûches, profitant des décors et des scènes de l’histoire, sans se prendre la tête, et j’avoue que cet aspect fait du bien.

Le scénario d’Enslaved offre une aventure légère sur fond de Post Apo, le monde des hommes n’est plus, la nature a repris ses droit dans bien des zones, et les robots font des humains leurs esclaves. On notera une fin un peu abrupte face aux raisons du voyage et sur une possible suite, mais si vous avez besoin d’une bouffée d’air frais, vous avez un client.

Il ne vous faudra qu’entre 8 et 10 heures pour finir Enslaved en normal, ceux recherchant un peu plus d’action pourront le commencer sans problème en Difficile. Quelques bonus de jeu seront disponibles comme des artworks, mais rien de plus une fois le jeu terminé.

Notation :

- Graphismes : 18/20
Malgré quelques bugs et des caméras hasardeuses dans les lieux étroits, du grand Unreal Engine. Des animations faciales et des décors sublimes.

- Bande son : 17/20
De belles musiques, un sound design de bonne facture, des doublages bien exécutés.

- Gameplay : 16/20
Agréable mais un peu pauvre pour les joueurs endurcis, il sert bien les autres aspects du jeu.

- Scénario : 16
Bien exécuté, une fin peut être discutable pour certains, un bonne immersion.

- Durée de vie : 15
Un peu court, pas très difficile, une replay value peut être pas immédiate.

Note Finale : 17/20

Ne vous méprenez pas : Enslaved Odyssey To The West est mon coup de coeur de cette fin d’année. Loin, très loin des titres plus ou moins masturbatoires ou simplement réchauffés, il propose un belle aventure qui saura séduire. Pour une fois, son côté casual m’a séduit, sa réalisation, ses décors, l’univers qu’il porte, tout invite au voyage. Nombre de titres sortent ce mois-ci, mais entre les FPS et les jeux de Foot, tout le monde n’y trouve pas son compte, à ceux-là je dis prenez un billet pour l’Ouest.

Par : Fox