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Après un troisième volet dont le scénario n’avait pas su séduire les plus férus adorateurs de la série des Halo et un épisode spin-off venant apporter une autre approche de gameplay, Bungie vient clore sa participation à l’univers Halo avec Reach en guise de baroude d’honneur. Et cette fois c’est par le commencement que tout se termine.
Voilà plus de dix ans que l’aventure Halo a débuté dans les studios de Bungie. Et durant cette décennie, le studio a su élever sa série parmi les plus prolifiques licences du jeu vidéo, faisant ainsi rentrer le Master Chief au panthéon des héros. Partant de ce constat, on ne peut qu’être surpris de l’orientation donnée à Halo Reach. Ici, point de Halo 4 mais un épisode se déroulant avant Halo premier du nom et se détachant complètement du Master Chief. Un choix osé que Bungie aura tenté, prouvant par la même occasion que la force d’un Halo ne repose pas uniquement sur son héros emblématique.
Toute légende a son commencement
Halo Reach nous met dans la peau de Noble 6, le sixième membre de l’équipe Noble, une troupe de Spartans dont un des membres a disparu en combat* et que nous devons remplacer au pied levé. Malheureusement pour nous, la première mission qui ne devait être qu’une enquête sur des agissements terroristes laissera vite place à des inquiétudes bien plus grandes concernant la survie des habitants de la planète Reach.
Bien que rookie au sein de cette équipe, Noble 6 n’en est pas à ses premiers faits d’armes pour autant. Le joueur aura ainsi à sa charge un spartan affranchi aux combats et apte à répondre aux situations périlleuses auxquelles il sera confronté.

Bien que le dénouement ne laisse que peu de doutes à ceux ayant fait leurs preuves sur Halo, l’histoire nous narre une intrigue bien plus sombre que dans les précédents jeux. On s’attache plus à nos compagnons d’armes et on vient à souffrir à leurs côtés. Et souffrir n’est pas un euphémisme, Halo Reach propose le challenge le plus relevé de la licence. Entre une IA retorse qui n’hésite pas prendre le joueur par les flancs comme à la belle époque de Half-Life, et des affrontements en sous-nombre, survivre sur Reach ne sera pas une mince affaire, même en difficulté normal, c’est dire.

Halo 3 avait divisé les foules sur son histoire et principalement sur son dénouement. A l’écoute de sa communauté, Bungie n’a pas chaumé sur Reach pour proposer un épisode collant au plus près aux attentes des fans. La mise en scène passe un cran au dessus avec l’utilisation de cut-scène en caméra extérieure, venant ponctuer l’aventure et ainsi donner un côté cinéma à la narration. Quitte à faire un comparatif, Reach s’inscrit dans la lignée du premier Halo et le supplantera même dans l’esprit de certains joueurs pour sa campagne. C’est dire les efforts consentis par les équipes de Bungie.
I’ve got the poweerrrr !!
Vétérans des Halo, vous ne serez pas dépaysés par le gameplay de Halo Reach mais devrez plutôt vous adapter aux nouvelles variantes dont ce dernier jouit. En plus des mécaniques déjà présentes dans les précédents Halo, Bungie a inclus des pouvoirs. Ces derniers vont alloués au joueur des aptitudes spécifiques tel que le sprint, le camouflage optique ou encore l’usage d’un jet-pack. Ils ne viennent pas remettre en cause l’intégralité du gameplay de la série mais apportent des variations dans l’approche de certains affrontements, et ça aussi bien durant la campagne qu’en joutes multi-joueurs. Il est à noter qu’un seul pouvoir peut être attribué à la fois, renforçant un peu plus le côté tactique de cet opus. Là où un jet-pack va être utile pour prendre de la hauteur et décimer les rangs adverses depuis les cieux, le camouflage optique permettra de se faufiler derrière un ennemi et de l’assassiner froidement de dos.

Là où le joueur ne pouvant qu’asséner des coups de crosse par le passé, il dispose cette fois d’assassinats permettant de se défaire d’un opposant de manière silencieuse et classe durant une courte animation. On notera également la disparition du port de deux armes en simultanée si chères à John Woo. Un manque que certains regretteront mais qui sera vite oublié une fois les pouvoirs maîtrisés.
Petits meurtres entre amis
Autre point retravaillé par les équipes de Bungie, le multi-joueur. Incorporant le nouveau gameplay de Reach, les combats gagnent en technique et reposent encore plus sur l’habileté des joueurs à jouer avec le terrain et les pouvoirs disponibles. Et ne croyez pas que ce soit tout. De nouveaux modes de jeu font leur apparition. Entre l’Invasion qui s’apparente à un Capture The Flag segmenté en trois phases, le SWAT privant les joueurs de tout bouclier, les Team Arena classant les joueurs hebdomadairement suivant leurs performances et d’autres encore, le Matchmaking gagne en contenu et devrait tenir en haleine bon nombre de joueurs en quêtes de crédits. Si je parle de crédit ici et non pas de grades comme par le passé est due à la refonte du système de progression sur Reach. La réussite de certains défis en campagne comme sur le Xbox Live octroie des crédits venant gonfler la cagnotte du joueur et le faisant progresser sur l’échelle des grades. Ces crédits pourront être dépensés à l’armurerie en s’achetant de nouvelles pièces d’armure, pièces accessibles ou non suivant le grade atteint. Les joueurs souhaitant se confectionner un spartan unique, utilisable également pour la campagne, auront du pain sur la planche avant d’atteindre les plus hauts rangs de l’UNSC.

C’est en forgeant qu’on devient forgeron
Apparu avec Halo 3, le mode Forge fait son retour avec Reach, dans une version encre plus riche que son prédécesseur. Véritable outil de création de cartes, il permettra une fois apprivoisé de laisser libre cours à son imagination. Certaines cartes déjà disponibles en téléchargement permettent de se faire une idée de la puissance de l’outil. Une vraie réussite.

Que doit-on penser au sortir de Halo Reach ? Avec une campagne prenante, plus maîtrisée et un multi enrichi, en bonne place pour prendre la succession de son aîné, Halo Reach a tous les atouts pour combler les fans de la franchise et regretter encore plus l’arrêt du projet au sein du studio Bungie. En revanche, il lui sera difficile de rallier à sa cause ses plus anciens détracteurs, plus adeptes d’un gameplay frénétique et spectaculaire. Les nouveaux venus pourront en revanche trouver le Halo le plus abouti de la série et se laisser charmer par un FPS unique en son genre.
Notation :
- Graphismes : 18/20
Le nouveau moteur de Reach propose enfin des graphismes dignes de ce nom pour un Halo sur 360. Sans être un maître étalon technique sur la plate-forme, le design est soigné et se permet même de beaux effets de lumières sur les armures. Peu de choses à reprocher au level design de la campagne.
- Bande son : 19/20
Les thèmes canoniques laissent place à de nouvelles mélodies, plus mélancoliques qu’à l’habitude mais d’une qualité qui ne saurait faire défaut à la série. Le travail sur les bruitages est très bon et les doublages français sont de bonne facture.
- Gameplay : 19/20
Partir des bases de Halo 3 en y rajoutant quelques variantes tactiques ne pouvait que donner un bon résultat. Un futur hit en tête des jeux les plus joué sur le Xbox Live à prévoir.
- Scénario : 18/20
Doté d’un scénario plus sombre et jouant plus sur la corde sentimentale que ses prédécesseurs, Halo Reach a de quoi surprendre et pourtant la sauce prend à merveille.
- Durée de vie : 18/20
Comptez une dizaine d’heure en normal pour venir à bout de la campagne la première fois. On se situe un cran au dessus de Halo 3 ce qui n’est pas un mal. Le multi viendra balayer toute trace de vie sociale qui pouvait encore exister chez vous.
Note Finale : 19/20
Avec Halo Reach, Bungie signe son titre le plus inspiré de toute la série. Inutile de tourner autour du pot si vous êtes fan de la série, en quête d’un jeu à jouer en ligne ou d’une expérience unique dans le domaine des FPS. Un des titres majeurs de l’année 2010.
Par : Zelphir
*l’appellation Disparu au Combat est utilisée par l’UNSC pour entretenir le mythe selon lequel les Spartans ne peuvent mourir. Le but étant de maintenir une once d’espoir au sein de ses troupes.


14 commentaires pour "360 : Halo Reach"
Très bon test pour un très bon jeu :thumbup:
Vous êtes bien aimable.
Heuuuu un poil exagéré pour les graphismes quand même, l’animation des personnages et des véhicules saccades un peu et certains décors sont pauvres, enfin je trouve :p
Mais le test est génial ; comme d’hab, je ne le connais pas mais ce Zelphir doit être un gars génial avec un salaire de rêve !
Zelph est un passionné de l’univers Halo, c’est pourquoi j’ai peur que certains aspects du jeu soient enjolivés – no offense. Le test n’entre pas assez dans les détails à mon sens (sans parler de spoil, hein).
Meuh bon, je vais bien finir par le torcher dans tous les sens comme ses prédécesseurs de toute manière. Mais du coup j’ai vraiment peur d’être déçu (Halo 3… et je ne parle même pas d’ODTC) parce que la campagne solo promet monts et merveilles. Chat échaudé craint l’eau froide…
Je rejoins Jeffix pour les graphismes (c’est le même moteur que Halo 3 en version boosté), les intérieurs sont bien souvent pas très jolis et le tout agrémenté de pas mal d’aliasing. Pour les extérieurs, ça va du beau au moins beau. Seul les décors en arrières plans et les armures de la Noble Team peuvent taper dans l’œil.
Pour le reste, je suis plutôt d’accord (même si 18/20 pour le scénario… On sent le test de fan ^^).
Honnêtement la note des graphismes ne me gène en rien personnellement.
La plupart des maps sont énormes et pourtant les détails foisonnent.
Quant aux saccades ? je ne les ai pas vues ( à part en Firefight, en mode bonus avec des explosions de lance roquettes covenants partout !)
Petites précisions techniques pour ceux qui en veulent plus :
- Le moteur H3 et Reach ne sont pas les mêmes, ils possèdent des bases communes mais ce n’est pas un simple upgrade, donc faux Dav. D’autre part, le jeu peut être installé, alors que H3 et ODST ralentissaient une fois installés.
- Nous avons fait passer un banc de tests complets au jeu, et niveau graphique, il tient plus que la route, H3 ne peut supporter autant de Covenants et d’explosions simultanées sans freezer. Niveau graphique, après un examen chiant et long des textures, elles sont de bien meilleure qualité que H3, ce dernier fournissant les bibliothèques de textures des zones hors combat, notamment en Forge où l’on peut en trouver pour alléger le jeu.
- Les problèmes de saccades viennent de léger problèmes de mémoire cache de la console, faire une vidange supprime ces petites déconvenues.
- Pour tout ce qui touche au multijoueur, à la Forge, et aux modes comme le BDF, c’est une refonte avec de sérieuses améliorations qui sont proposées, n’étant pas un fan du multi de Halo (Gears Power) je m’y trouve bien à l’aise et prend beaucoup de plaisir.
Pour terminer, en tant que Patron ici, je trouve cette note tout à fait justifiée, et Zelphir loin d’être un Fanboy, sinon il n’aurait pas eu accès à cette tribune.
Le premier qui ose me contredire se transformera en petite danseuse en tutu rose.
Je vais apporter quelques éclaircissements sur les choix de note des différents aspects de Halo Reach.
Concernant le moteur 3D, j’ai bien précisé qu’il n’est pas un maître étalon en terme de FPS à l’heure actuelle. Sur l’ensemble de la campagne, ainsi que le multi, le moteur encaisse fort bien les contraintes et donne un rendu vraiment propre. Après une comparaison directe entre un Crysis 1/2 et Halo Reach ne sera pas en faveur de ce dernier c’est un fait.
Pour les problèmes de baisse de frame-rate, elles sont très dépendantes des xboxs, il est difficile d’en tirer un point négatif à coup sûr. Et bien que présentes dans de rares occasions, elles n’ont pas un impact direct sur le gameplay.
Pour rebondir plus direct sur tes propos Saul, bien qu’aimant tout particulièrement la série, je partage avec toi une déception pour Halo3 et son spin-off ODST. Et bien que la présentation de Reach m’avait convaincu d’un jeu de qualité, je craignais cependant une campagne dans la veine de Halo3. Il n’en est rien, la campagne ayant réussi à me surprendre et à m’attacher à la Noble Team.
Après, je n’ai pas voulu rentrer trop en détail sur le jeu pour ne pas gâcher la surprise de la découverte d’une part, et pour ne pas rentrer dans la technique pure qui aurait alourdi la lecture du test. C’était un choix délibéré, avec ses avantages et ses inconvénients je le conçois.
Halo Reach c’est bien, c’est pas Gears of War 3, mais j’aime beaucoup, fin de la discussion.
Non mais.
Non je parlais juste des graphismes (le coté cosmétique si vous voulais) pas de l’ensemble du moteur du jeu, hein. Il décevant côté uniquement et purement graphique pour LA licence Xbox (oui les effets d’explosions tue la gueule, je suis d’accord). Tout le reste, l’I.A (il n’y a pas mieux sur console), le moteur physique, le nombre d’ennemies affichés à l’écran, la distance d’affichage et le mode multi… Fait Que Reach est bien techniquement dans le haut du panier.
Graphismes 14/20 m’aurait plus convenu ^^
Merci Zelphir pour ces précisions.
J’étais parti pour façonner un bon gros pavé sur ma façon de voir les tests et l’inutilité des notes notamment (ça doit faire une bonne dizaine d’années que je milite à ce sujet mais les gens restent enfermés dans leur carcan)… Comme l’endroit et le moment ne s’y prêtent guère, ce sera pour une autre fois. :p
Quoiqu’il en soit, tu m’as définitivement convaincu Zelph : dès que je trouve Reach à moins de 30€, j’achète (non je ne suis pas pressé).
Les notes ont l’avantage de proposer aux gens une vision globale des jeux aux personnes ne souhaitant pas rentrer en détail dans un test. Je sais que j’aime bien le système Clubic, où l’avis est représenté par un smiley, où le ressenti est plus marqué.
Après, pour les questions de référencement internet et d’habitude, les notes restent le standard. Les choses évolueront peut-être avec le temps …
Ca donne envie. Après un court test, je me rends surtout compte que c’est plus nerveux.