
Rockstar, le seul nom de ce studio suffit à humidifier les sous vêtements et à lancer des vagues de démence dans les boutiques de jeux. Après GTA IV et son héros des pays de l’Est, nos amis de San Diego nous offrent une escapade au Far West. Nicko Bellic peut enfin se tirer avec sa dégaine de SDF dépressif sous Xanax, cette fois-ci, on nous sert un mec sévèrement burné, croisement entre Clint Eastwood et Charles Bronson, John Marston. Mais avant de plonger dans le vif du sujet, petit historique sur : Pourquoi la marmotte sort son six coups pour buter ta maman.
2004, Red Dead Revolver sort sur nos consoles next gen de l’époque. Projet initialisé par Capcom et repris par Rockstar, il devient les prémices de notre Red Dead Redemption, l’équipe sauve le développement in extremis. Lorsque nos amis de San Diego récupèrent le bébé, ils transforment l’univers pour le porter à la belle époque du Far West, changent quelques bricoles, sortent le jeu sans une énorme confiance, et laissent mijoter l’idée dans les cartons. Il ne faudra pas attendre très longtemps pour que le potentiel de Red Dead soit magnifié dans un GTA like, devenant un projet important ayant reçu toutes les attentions.
Aujourd’hui, voici enfin un GTA like Rockstar offrant une alternative à ce GTA IV que je déteste au plus haut point. Exit les clodos de Bratislava et les plans foireux d’aller aux putes à 4h du matin avec ce torchon de Little Jacob, voilà un univers où je vais pouvoir vider mes nerfs.
John Marston est l’un des derniers Cow Boy, le XXème est déjà entamé et les jours bénis de l’Ouest sauvage tirent leur révérence petit à petit. John se rend à Fort Mercer, une place forte bien défendue pour rencontrer un certain Bill, homme peu recommandable qui va lui offrir un accueil à l’ancienne. C’est ici que démarre l’épopée Red Dead Redemption, un voyage vers la vérité, la liberté, et la vengeance…
Ecstasy Of Gold
Si l’on doit parler du moteur de RDR, il faut avant tout commencer par un bon troll bien gras : GTA IV était une vulgaire Beta de notre poulain, le moteur atteint désormais un belle maturité et des décors plus qu’honorables. C’est une vision de l’immensité qui s’offre à vous, plaines sauvages, canyons rougeoyants, forêts impénétrables, déserts de pierres, vous allez voir du pays, et surtout découvrir des ambiances contrastées. Les décors changent au fur et à mesure de l’avancée de la journée, donnant des tons et des ambiances radicalement différents aux lieux visités. La météo vient aussi changer le visage des panoramas, avec des orages qui sont parmi les plus spectaculaires vus à ce jour. Le design des personnages est plus réaliste et détaillé, en particulier pour notre héros qui possède de belles et nombreuses tenues. Les PNJ sont un léger cran en dessous de Marston, mais dans l’ensemble le jeu est cohérent. Il est difficile de parler de level design dans un jeu aussi ouvert que celui-ci, bien plus grand que GTA IV, plus fouillé, plus riche, le jeu proposera de flâner dans les grandes plaines puis de s’engouffrer dans une mine sombre et étroite. Malgré la difficulté pour quantifier réellement les qualités de ce dernier, il ne serait pas arrogant de penser que c’est l’un des meilleurs level design en monde ouvert jamais fait. De menus bugs sont à noter, essentiellement des bugs de positionnement des objets résultant de modifications de l’environnement, et de quelques oublis. Le patch sorti cette semaine corrige en partie ceux-ci, et dans l’ensemble ils restent très mineurs.
Que dire sur la bande son de RDR, tout bonnement merveilleuse, sans défaut, et dotée d’un ambiance vraiment incroyable. Les doublages Anglais ont été réalisés avec grand soin, il n’y a jamais une fausse note ou une scène sur-jouée, de l’horlogerie Suisse. Les musiques sont toute l’ambiance si particulière du jeu, empruntées à Ennio Morricone, Jerry Goldsmith, ou encore Max Steiner, elles ont puisé l’essence du Western pour donner un goût délicieux au genre.

The Longest Journey
Pour parler quelques minutes de technique pure, le jeu demande un très léger temps d’adaptation, pris lors des premières missions qui sont un tutoriel complet. Une fois pris certaines habitudes et réflexes, vous ne devriez pas avoir de mal à vous dépatouiller dans ce monde rempli de dangers.
Le gameplay de Red Dead Redemption est tout ce qu’il y a de plus classique. Le jeu se déroule comme un GTA, 3 régions, un jeu en vue 3ème personne avec une visée modulable selon votre habitude, les principaux outils affichés dans les coins de l’écran. A la différence de son auguste prédécesseur Soviet’, Marston n’a pas de barre de vie affichée à l’écran en permanence. A la place s’installe un système à la Gears Of War, où les dommages s’affichent à l’écran lorsque vous êtes blessé, celui-ci devenant de plus en plus flou et rouge à mesure que vous prenez des dégâts. Vous disposez toujours d’une mini carte de la zone en bas à gauche, ainsi que de deux jauges qui ont une importance capitale pour survivre dans l’Ouest Lointain : La jauge bleu de gauche est la jauge d’endurance, celle-ci est utilisée pour mesurer l’endurance de votre monture, elle vous permet de sprinter en appuyant plusieurs fois sur A. Elle baissera vite si vous bourrez votre canasson de coups d’éperons, mais se régénèrera au fur et à mesure. La jauge rouge de droite est l’élément primordial de ce RDR, le Dead Eye. Grâce à lui, les choses deviennent épiques, il est l’Oeil Divin de Wrath de FMA, le bullet time ultime qui fait passer Max Payne pour un novice au flingue.
Comment utiliser le Dead Eye, explications :
Lorsque votre jauge atteint un certain niveau de remplissage, vous pouvez activer un ralentissement du jeu et cibler vos ennemis un par un où vous le désirez, pour ensuite tirer une salve de balles meurtrières nettoyant la zone. Le Dead Eye comporte 3 niveaux que vous débloquerez au long du jeu. Au début vous ralentirez peu de temps l’action et ne pourrez pas cibler manuellement vos objectifs. Vous passerez le viseur sur la cible et en fonction des zones du corps traversées vous ajouterez un marqueur de tir avant de faire feu. En évoluant, vous aurez la possibilité de choisir vos cibles et vos points d’impacts, et ainsi devenir un vrai as de la gâchette. Notez que le Dead Eye ne vous donne pas de munitions illimitées, vous devrez cibler en fonction des balles dans votre chargeur, donc être un minimum précis et attentif.

Après ce topo du mode de combat de RDR, passons au coeur du jeu, ce qui vous fera rester longtemps sur votre noble monture. Le jeu commence par un héros en piteux état, l’accueil de Bill n’a pas été très fraternel. Une bonne âme a ramassé votre carcasse sur le bord de la route pour la ramener chez elle, et votre aventure commence au Ranch McFarlanne. Vous y apprendrez les bases de la vie de Cow Boy, monter à cheval, chevaucher ardemment, et quelques menues choses qui vous sauveront la vie. Le déroulement du jeu s’axe sur une histoire et de nombreuses missions annexes qui vous permettront de vous faire de l’argent, d’établir votre présence sur la région, et de vous faire connaître en bien ou en mal. Non, ce n’est pas Mass Effect, mais vous pourrez choisir d’agir en homme juste respectant la loi et aidant les faibles, ou être un bel enfant de salaud et braquer les banques en marche arrière avec votre revolver. Selon vos choix, votre barre d’honneur montera ou descendra, et l’accueil de vos concitoyens s’en ressentira. Si vous êtes le bras droit du Marshall du coin, vous serez parfois attendu devant le saloon de Thieves Landing pour une échauffourée au flingue, et si vous avez choisi le côté obscur, la brave population d’Armadillo ne vous fera pas de rabais et fuira devant vous. A vous de décider des actes que vous commettrez…
Ne pensez pas que vous resterez au six coups tout le jeu, une montagne de fusils et de pistolets divers s’offrira à vous tout au long de votre périple. Vous pourrez dynamiter des convois, chasser le wapiti au sniper, brûler des pistoleros au cocktail Molotov, ou encore arroser une cour de remplie de bandits à la Gatling manuelle. C’est un vrai arsenal que vous pourrez transporter, et pour ceux qui en avaient ras le bol de tout perdre à chaque mort, rassurez-vous, on ne perd ni matos ni argent lors du respawn.
Chasse, Poker, Nature et Pendaisons
Le scénario porte en lui-même de quoi suffire, mais le Far West n’est pas une route droite, et de nombreux challenges et missions vous attendent pendant votre voyage. Tout au long du jeu vous aurez des mini-missions durant de une à trois minutes, de courts évènements qui rajoutent du vivant au titre. Vous êtes tranquille sur votre cheval doré capturé dans les plaines, vous trottez nonchalamment à la recherche de quelques biches à tirer -les animaux bien sûr- quand soudain une jeune et frêle donzelle vous hurle à l’aide. N’écoutant que votre honneur et votre bravoure, vous hâtez le pas pour porter secours à cette charmante princesse en jupon. En approchant de la diligence, 4 sales types armés jusqu’aux dents vous canardent pour vous détrousser, oh shit, it’s a trap. Après un règlement viril avec les agresseurs, la pute se fend en excuses douteuses et en promesses de vipère. Votre choix, lui coller une bastos et partir, accepter son argent et la laisser dans le désert, ou choix bien plus récessif et animal, jouer avec la madame. Utilisant votre lasso, vous la capturez, traînez cette traînée sur quelques mètres pour lui faire savoir votre mécontentement, puis la saucissonnez afin de la porter sur votre fier destrier. Arrivé près du chemin de fer, un panache blanc à l’horizon vous indique que le 7h14 pour Armadillo va passer pas loin. Je vous passe le destin funeste de la pute attachée aux rails, gigotant comme un ver, et sa fin tragique. En un mot, satisfaction. Toute une ribambelle de missions de ce genre sont disponible au hasard du chemin, reste à l’affût et vous serez surpris.
Pour satisfaire les contemplatifs, Red Dead Redemption propose aussi une faune et une flore vives et variées. Du tatou au grand grizzli, tout un écosystème est réuni pour le plus grand bonheur des amoureux du grand air. Qu’il est bon de chasser le sanglier des marais, le loup des plaines ou le cougar, et en plus c’est lucratif ! Car tout bon Cow Boy sait dépecer une bête et récupérer les morceaux qui l’aideront dans sa quête. Vous passerez parfois quelques heures à ne faire que chasser, vous promener au fil des musiques, découvrant une nature et un panorama grandioses.

Les plus terre à terre passeront leurs nuit dans les saloons à jouer au Poker, Poker menteur et au Blackjack pour vider les poches de leurs adversaires et parfois tricher comme un voleur, entraînant ce qui se produit toujours au Far West, des duels ! J’ai attendu tout ce temps pour vous le dire, car il vous fallait être dans l’ambiance. Vous êtes à une table, vous mélangez les cartes dans votre tenue spéciale de Poker. Le mec en face vous prend la main dans le sac et vous lance le terrible défi classique du genre. Vous sortez et vous placez sur la marque, et là, le combat peut commencer. Votre Dead Eye s’activera à votre signal, et vous devrez choisir où tirer pour soit le tuer, soit lui ôter l’arme des mains avec classe. Ces séquences se reproduiront souvent au fur et à mesure que vous serez connu dans la région, et parfois même lors du scénario.
Ceci clos les explications de gameplay où il faudrait encore deux pages pour vous parler des richesses cachées du soft, des défis de jeu, de la chasse au trésor, du jeu de fer à cheval, des étrangers à aider, les repaires de bandits, une mine de choses à faire et voir. Soit vous êtes déjà convaincu, soit vous avez déjà abandonné l’idée d’investir dedans.
En plus d’un solo qui vous pend à l’arbre avec le sourire, Red Dead Redemption dispose aussi d’un multijoueur à 16. Vous pourrez progresser tout au long des 50 niveaux de capacité pour gagner plus d’armes et de nouvelles montures, et cavaler avec vos amis tels de vrais banditos de l’époque. Le nouveau mode Outlaws To The End vient apporter 6 missions en coopération à 4 joueurs pour relancer le multi qui ne proposait pas encore de vrai mission scénarisées. Il vous faudra cependant être 4 pour ne pas trop en baver puisque les objectifs demandent de l’esprit d’équipe et un minimum de coordination. Malgré tout, le multi reste pour le moment un peu trop limité et redondant pour qui sort du solo, mais gageons que Rockstar saura ajouter de quoi nous satisfaire.
Smoke On The Blackwater
Le scénario de Red Dead Redemption est un pur hommage aux Westerns Spaghettis de Sergio Leone. Une histoire de vengeance, un héros à la gueule cassée mais terriblement classe, des personnages barrés qui donnent de la légèreté et de l’humour, et des répliques sans lesquelles il n’y aurait que carnage et haine. L’histoire est cohérente et prenante pour qui accroche à l’univers, les implications de chaque personnage montent une toile d’araignée soigneusement tissée pour un divertissement maximum. Et en plus, il faut le dire, un des personnages n’est autre qu’un camelot sosie de Pierre Bellemarre, et ça c’est beau.
Il vous faudra une vingtaine d’heures pour terminer le simple solo, mais il vous sera quasiment impossible de vous tenir à cette estimation tant il est facile de se laisser absorber par l’univers ouvert et plaisant du jeu. Je vous garanti des heures de chasse, de Poker et de ballades, soit une moyenne de 45 heures de jeu minimum puisque le mode multijoueurs est aussi long.
Red Dead Redemption apporte son lot de bonheur et de nouveauté dans un univers GTA qui commençait à manquer d’alternatives. Plus libre, plus riche, décalé et prenant, il saura satisfaire bien des joueurs grâce à ses nombreuses facettes.

Notation :
- Graphismes : 18/20
Beau, lumineux, des panoramas incroyables que de superlatifs pour dire que c’est du très bon.
- Bande son : 19/20
L’excellence des doublages alliée à l’une des meilleures bande musicale depuis longtemps, prodigieux.
- Gameplay : 18/20
Très jouable mais demandant un temps d’adaptation, très fourni en missions annexes et en exploration, un must cette année.
- Scénario : 19/20
Un authentique Western comme on en tourne plus depuis des lustres, le spectre Sergio Leone plane sur tout le jeu, de rebondissements en moments épiques, du pur bonheur.
- Durée de vie : 18/20
Un solo d’environ 20/25 heures, un multi qui peut durer très longtemps, des quêtes à gogo, c’est très rentable.
Note Finale : 19/20
Oui Red Dead Redemption est mon coup de coeur 2010, la surprise que je n’attendais pas du tout. Il saura combler toutes les attentes de liberté, de combats épiques et de délires Rockstariens. A moins de ne pas aimer du tout les Westerns, c’est une valeur sûre de ce premier semestre 2010.
Par : Fox


6 commentaires pour "360 : Red Dead Redemption"
Que de superlatifs pour ce Red Dead Redemption mais comment faire autrement tant le jeu en met plein la chetron. Avec Mass Effect 2, c’est mon gros coup de coeur de cette première moitié d’année. Beau, riche, long, passionnant, tout est là pour jubiler avec en plus une fin culotté, bien trouvé. Un Must à ne rater sous aucun pretexte !
C’est un très bon jeu qui améliore largement la formule de GTA IV mais pour moi il est quand même loin d’être parfait :
- Pas mal de bugs, c’est compréhensible pour un jeu en monde ouvert aussi vaste mais Rockstar nous avait habitué à bien mieux sur ce point.
- Les duels au fonctionnement totalement absurde.
- Un cheval con comme la mort : combien de fois j’ai pu le siffler pour qu’il mette 3 plombes à arriver avant de passer à côté de moi comme une flèche sans s’arrêter…
- Le scénario que j’ai trouvé inégal : J’ai bien aimé le tout début avec les McFarlane et adoré la dernière partie à Blackwater mais tout ce qu’il y a entre, pour moi c’est du remplissage.
Pour retrouver les gugus de l’ancien gang de Marston, on se retrouve dans des histoires qui n’ont aucun rapport avec l’intrigue principale qu’on nous rappel juste de temps en temps par John racontant pour la 30e fois « je fais ça pour récupérer ma famille blablabla » ou « vous avez les infos sur machin ? »… Bah non il les as pas, faut meubler encore pendant un moment. Quant à la révolution mexicaine à dix pèlerins, no comment.
Cela dit les dernières missions et la fin du scénario rattrapent bien le coup, osé et étonnamment sensible, c’est une des plus mature que j’ai vu dans un jeu vidéal.
Bon j’ai insisté sur les défauts du jeu mais il reste quand même exceptionnel, et je dois bien dire que la zone de Blackwater, avec ses grandes plaines, sa forêt magnifique et la montagne enneigée me laisseront de grands souvenirs.
Un très grand jeu qui, pour moi qui n’aime pas les GTA like d’habitude, est une vraie surprise. J’avoue avoir totalement scotché sur tous les à côtés (défis, services, événements, black jack,…).
L’histoire m’a plu, mais j’ai trouvé John Marston totalement incohérent. Le gars est censé être un vrai cow boy qu’en a, et il se fait mener à la baguette par la quasi totalité des personnages secondaires.
Par contre les persos secondaires sont super bien écrits. Mention spéciale à Seth et sa référence.
Très bon test. RDR serait-il déja le jeu de l’année? Ah Ah, je crains fort que OUI !
Très bon test pour un très bon jeu
RDR c’est la vie !