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Depuis 2007, les fans du Space Opera Mass Effect attendaient le retour du Commandant John Shepard et du Normandy pour explorer la Galaxie. Référence en matière de RPG futuriste, adulé par des millions de gens, Mass Effect s’était imposé dans sa catégorie. Doté d’un univers riche et d’un scénario mêlant habilement différentes influences, sa suite arrivera-t-elle à satisfaire tout le monde ? Bioware réitèrera-t-il l’exploit avec l’une de ses licences phares ?

Embarquons sans attendre pour un voyage aux confins de l’Espace.

Tout commence là où nous avions laissé nos Héros, Saren a été vaincu, mais les Geths sont toujours une importante menace qui plane sur l’espace Concillien. Envoyé en mission de reconnaissance en plein territoire Geth, le Normandy rencontre un étrange vaisseau peu amical, et tout ne se passe pas comme prévu…

Le jeu débute par la possibilité d’importer votre sauvegarde de ME1 et de retrouver votre personnage, mais le bonheur n’est que de courte durée. Exit les millions de crédits galactiques que vous possédiez, votre expérience, vos armes, on efface tout et on recommence. Pour compenser, vous commencerez le jeu au niveau 3, et récupèrerez 100000 crédits pour banque de fond et de menus bonus, utile mais sans plus. Vous pourrez aussi recréer  Shepard à votre guise, ce qui vous permettra de lui offrir un petit relooking grâce à une interface de création très complète. Une fois vos choix fait, vous pourrez vous lancer dans un nouveau sauvetage de l’univers, après tout, on ne vous paie pas à rien faire…

Le Canon Lourd Made In Normandy

Mass Effect 2 sait parfaitement exploiter les capacités graphiques de la 360, Bioware nous offre sans conteste un jeu magnifique. Les personnages sont d’une grande finesse, leurs animations faciales mettent DAO K.O, tout est fluide. Les décors font montre d’une belle diversité, chaque monde possède sa propre ambiance, sa lumière, et son poids. Le level design est quant à lui moins éloquent, si certaines zones sont d’une taille respectable, d’autres se retrouvent tristement circoncises. La Citadelle qui était le ‘‘Centre’’ de Mass Effect devient totalement anodine avec ses 4 zones minuscules et sans grande envergure, et ce malgré l’intérêt certain que lui portaient les fans du jeu. Les différentes planètes à visiter possèdent chacune leur caractère, mais il faut reconnaître que les zones de combat ne sont que des salles plus ou moins ouvertes avec des obstacles de couverture disséminés sur l’unique chemin praticable. Même si l’ensemble du jeu reste fluide et agréable, des bugs se font sentir lors des scènes de discussion où votre interlocuteur disparaîtra un ou deux secondes de l’écran, ou se retrouvera assis par terre au lieu d’être sur sa chaise. Ce menu problème arrive lors d’un mouvement de la caméra durant la scène, l’erreur est pardonnable mais énervante.

Les musiques de ME2 sont encore une fois un grand appui dans l’immersion du jeu, Jack Wall nous offre un thème éclectique et savoureux, non sans rajouter des thèmes appréciés de ME.  La bande son est plus nerveuse et consistante, pouvoirs et armes possèdent un réel impact sonore, les explosions ont du corps, l’ensemble est appréciable et sert bien l’action. Les doublages sont très corrects mais le montage laisse parfois à désirer, des phrases se retrouvent tronquées avant la fin, répétées, ou certains passages du codex sont lus sans être dans le texte de celui-ci. Sans être un handicap, ce léger manque de soin n’est pas toujours du meilleur goût.

Geth The Fuck Out !

Entrons dans le vif du sujet, ce qui lancera la polémique et qui créera la discorde dans les rangs, le gameplay :

Mass Effect 2 se veut RPG, mais il semble que ce qui faisait sa force ait été en partie supprimé. Son prédécesseur proposait une grande richesse de choix dans les armes, pouvoirs, armures, et accessoires, ME2 délaisse cet aspect pour un nouveau système plus ‘‘grand public’’.  Il suffira de vous rendre à l’armurerie pour accéder à la gestion d’équipement de l’équipe, gestion qui est désormais restreinte aux armes, d’ailleurs limitées à 2 par allié. Plus de soucis donc, mais cette suppression est surprenante puisqu’elle est normalement l’un des pivots du genre. Vous pourrez cependant jouer à ‘‘La Maison du Style’’ sur  Shepard en changeant ses pièces d’armure, ses couleurs, chaque pièce proposant un petit bonus servant en combat. Son équipement est lui aussi réduit, selon votre classe vous commencerez avec plus ou moins d’armes à disposition.

En parlant d’équipement, ne vous jetez pas d’entrée sur la première boutique pour aller baver sur des équipements onéreux et hors de portée, il n’y en a quasiment plus. Vous trouverez vos flingues au gré de vos expéditions dans des endroits parfois interlopes, dans une galaxie bourrée de porte-flingues, on se sent parfois un peu à court. Vous n’y trouverez plus non plus de boucliers et d’implants Biotiques, seules restent des pièces d’armures pour votre Héros et des upgrades. Pour pallier ce manque, Bioware offre un nouveau système d’upgrade basé sur la recherche scientifique.

Lors de vos explorations aux 4 coins de l’univers, vous découvrirez diverses planètes et devrez les scanner pour trouver différents minerais, ces matériaux vous donnant la possibilité de créer des améliorations pour votre équipement et votre vaisseau. L’Elément Zéro, l’Iridium, le Platine et le Palladium seront à trouver grâce à un ingénieux radar dont la fréquence sonore augmentera en fonction de l’élément présent, ensuite il suffit de lancer une sonde pour le récupérer. Toutefois, le nombre de sondes étant limité à 30 en début de partie et vos voyages consommant du carburant, il faudra faire un petit passage dans une station de carburant pour faire le plein et repartir en exploration. La recherche est indispensable pour pouvoir faire face aux hordes d’ennemis auxquelles vous serez confronté, mais la lenteur des scans et la nécessité d’avoir beaucoup de matériaux rend l’exercice fastidieux et redondant au bout d’un moment.

La gestion de vos personnages a été simplifiée, vos personnages disposent de 4 capacités de base et d’une 5ème qui sera accessible lorsque l’un d’entre eux vous sera loyal. Malgré l’apparente limitation générale chaque personnage reste efficace en mission, vous devrez seulement choisir d’autres alliés pour effectuer des missions où leurs talents seront plus utiles. L’arborescence des pouvoirs et le passage des niveaux s’en retrouvent tronqués mais permettent aussi de se concentrer sur l’histoire et les différentes actions de jeu et le background.

Autre modification, le piratage a lui aussi été revisité pour se diviser en deux actions distinctes et bien plus jouables qu’auparavant. La première proposera de pirater les portes et caisses grâce à un petit jeu de mémoire très simple où il faudra relier des points sur un circuit imprimé en associant des signes similaires. L’autre piratage se fera sur les terminaux et autres PDA et demandera de retrouver 3 morceaux de code sur une bande défilante. Plus besoin d’avoir un ingénieur constamment avec vous, vous gèrerez seul ces phases de jeu. Une limite de temps vous demandera de presser parfois le pas, certains terminaux comme les coffres retireront un peu de la somme totale si vous prenez trop de temps.

Les combats de Mass Effect 2 sont désormais plus efficaces et nerveux qu’autrefois. Empruntant largement le style de couvertures tactiques d’un Gears of War sans le supplanter, les combats demanderont de ne pas foncer tête baissée dans la bataille. Gérer les pouvoirs de chacun pour endiguer les vagues d’ennemis franchissant les portes et autres allées sera la clef de voûte d’un combat réussi. Seul ombre au tableau, Shepard a souvent du mal pour se mettre à couvert et reste parfois à courir au lieu de se plaquer, ce qui entraîne quelques déconvenues sur le champ de bataille.

Codex Universalis

Si le gameplay change radicalement par rapport à son prédécesseur, Mass Effect 2 reste porteur d’un background incroyablement fourni et précis. Bioware a pris un risque immense en abandonnant le classique système d’inventaire et de statistiques, mais il compense par une profondeur rarement connue dans un RPG. Le scénario n’est pas grandiose et se résume à rechercher des alliés pour enrayer la grande menace qui plane sur la galaxie, mais il est compensé par les interactions et les très nombreux dialogues jalonnant l’aventure. Chacun de vos alliés porte en lui un passé et une histoire dont la profondeur apporte une dimension plus vivante. Si certains d’entre eux ne seront que rage ou soif de combats, d’autres vous feront plonger dans leur vie créant un lien et un attachement sincère à leur histoire.

ME 2 prend un chemin qui s’éloigne des sentiers battus par ses concurrents, il privilégie la communication et les dialogues à l’action pure. Tous les changements de gameplay, même s’ils peuvent décevoir, ne sont là que pour donner le temps au joueur d’explorer et de s’immerger dans l’univers imposant de diversité. Il sera agréable de recroiser des personnages de ME au détour d’une rue, de recevoir un message sur son terminal qui vous remercie pour votre aide, ou de savoir ce qu’il est advenu de mondes que vous avez visité.

L’implication et l’immersion passent moins par le biais de missions actives que par la recherche d’informations et la découvertedes personnages, cultures, et dans une certaine mesure, par le désir d’en apprendre plus. C’est dans cette exploration du background plus que conséquent que se trouve la dimension ‘‘jeu de rôle’’, certes en s’éloignant d’un style qui était à la fois sa force et sa complexité, mais qui au final laisse plus de temps pour jouer d’une manière plus posée et moins axée dans la course à l’armement.

Il faudra une vingtaine d’heures aux fonceurs pour terminer la quête principale, entre 45 et 60 pour les acharnés qui voudront explorer la galaxie dans ses moindre détails. Recommencer le jeu une deuxième fois permettra de garder son niveau, ses armes et pouvoirs, et de commencer avec 200000 Crédits Galactiques et 50000 ressources de chaque élément, cependant, vous perdrez toutes vos améliorations et il faudra recommencer à upgrader et à explorer pour les retrouver.

Attendu comme le Messie depuis 2 ans, Mass Effect 2 est un excellent jeu qui se démarque de son prédécesseur, s’attirant au passage les foudres de ses plus grands fans. Axé plus sur l’immersion par le dialogue que par une action prenante, le choix de Bioware attirera un public plus large mais ne contentera pas forcément ceux qui ont fait le succès du premier épisode. Espérons que le 3ème opus alliera un style similaire et un gameplay un poil plus classique pour réunir tout la communauté Mass Effect pour le grand final.

Notation :

- Graphismes : 17
Des décors très variés et un design magnifique, mais un level design trop ‘‘court’’ par rapport à l’univers et quelques bugs malvenus.

- Bande son : 16
D’excellentes musiques, des bruitages réalistes, un bon doublage français mais un montage peu soigné.

- Gameplay : 16
Plus réussi que Mass Effect mais redondant dans les phases d’exploration planétaire et la mécanique de combat, il reste cependant efficace grâce à l’appui d’un background immense.

- Scénario : 16
Simpliste et peu fouillé, le scénario n’a rien de transcendant. Tout l’aspect narratif repose sur les bases solides du background et l’interaction avec les personnages. Il aurait fallu creuser plus l’aspect recherche de l’ennemi et non pas jeter le joueur directement dans la fin du jeu.

- Durée de Vie : 17
Entre 20 et 50 heures selon les désirs de chacun, mais tout le monde n’aura pas envie de le recommence de suite tant les bonus de ‘‘new game +’’ sont chiches, surtout à cause de la perte des améliorations.

Note Finale : 16/20

Mass Effect 2 peut être vu de deux manières, c’est un excellent RPG, ou un Mass Effect ‘’light’’. Les changements de gameplay surprendront beaucoup les habitués des RPG Bioware, tout en attirant un public moins enclin à s’essayer au genre. Pour beaucoup, il laissera un goût doux-amer malgré la grande richesse et les nombreuses avancées du background, celui-ci étant le pivot solitaire d’un jeu à la mécanique mal comprise par une partie de son public.

Par : Fox