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2010 sera l’année Fantastico – Religieuse ou ne sera pas. Nous serons arrosés d’Anges et de Démons se tirant joyeusement la bourre dans un massacre organisé pour notre vil divertissement. Bayonetta ou encore Dante’s Inferno suivront le fil de cette prophétie, et le sang coulera à flots. Le Bal des Enfers commence avec Darksiders, et l’ouverture est sanglante.

Développé par Vigil Games sous la Houlette de Joe Madureira, illustrateur célèbre et talentueux, Darksiders revient tout de même de loin. Les premières vidéos n’étaient pas très engageantes et le style proposé n’avait pas remporté l’unanimité. C’est après une reprise en main et un travail acharné que nous arrive ce Beat’em all plein de ressources.

A l’Aube des Temps, les Cieux et les Enfers conclurent un Pacte empêchant la Fin du Monde, scellant ce dernier sous 7 sceaux forgés par les Anciens. Si les sceaux venaient à être brisés, le Conseil enverrait les 4 Cavaliers de l’Apocalypse pour anéantir les traîtres et sceller un nouveau Pacte. Vous êtes Guerre, Cavalier du Cheval Ecarlate, Premier des Quatre, et vous répondez à l’Appel. Le Monde est en flammes, Anges et Démons se battent au milieu du Royaume des Hommes qui meurent impuissants, pris dans leurs feux destructeurs. Vous rencontrez Abaddon, Général des Armées Célestes, et découvrez que le 7ème sceau n’a pas été brisé. Mais si l’Apocalypse n’a pas été annoncée, que faites vous là, seul, et pourquoi avoir entendu l’Appel ?

Ainsi débutera votre quête…

Fade to black

Darksiders est doté d’une patte graphique qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais qui demeure d’une grande qualité. L’aspect « comic book »  porté par le trait de Madureira donne une impression mature et agressive qui suit parfaitement le contexte choisi. Le character design est dans la veine des artistes des 90’s, certains pourront y voir du McFarlane, d’autres retrouveront un aspect Warhammer 40K dans les armures des Anges. Les décors sont grands et chaque zone contraste nettement avec la précédente, un vrai plaisir. Le level design reste basique dans la 1ère moitié du jeu, les niveaux savent fournir un nombre suffisant d’interactions pour ne pas tomber dans une lassitude qui nuirait au plaisir,  mais la 2ème partie s’avère plus riche et travaillée. En avançant dans l’histoire, vous découvrirez des niveaux bien plus recherchés au design surprenant, restez attentifs, il y a toujours un chemin.

La bande son est simplement excellente, savant mélange de chant lyrique, de Metal, et de musiques d’ambiance, le tout sublimé par les voix du Skywalker Chorus. Côté bruitages, les tons sourds ou cinglants des armes apportent de la vie à l’action, quand la Lame du Chaos frappe, vous le ressentez vraiment. L’ensemble des sons et musiques donnent une belle immersion sonore, je ne serais pas surpris d’en voir certains bruiter eux-mêmes les finish avec un « Shlaaaah ! » tout droit sorti des tripes. Notons que dans les voix originales figure le grand Mark Hamill qui interprète le Guetteur avec maestria, après un Joker incroyable dans Batman AA, c’est un bonheur de le retrouver dans les doublages.

Easter Eggs

Le gameplay de Darksiders regroupe des influences diverses mais sait se les approprier correctement. War est un combattant, un guerrier sans pitié ni remords, bien loin d’un Link preux et élégant. Les combos sont simples, Carré pour les coups d’épée, Triangle pour l’arme secondaire et Rond pour les finish ou les prises.  Sur cette base s’ajoutent des appuis de touches et des combinaisons avec L2 ou R2, rendant le système de combat très complet et intuitif. Une gamme d’améliorations vient enrichir l’armement pour augmenter les pouvoirs du Cavalier. Posées comme des runes, chacune ajoute un effet à vos attaques, ou vous permet de gagner de l’expérience afin d’augmenter le niveau de vos bijoux de destruction.

Pour aider un peu plus War dans sa quête de vengeance, d’autres armes viennent enrichir sa panoplie, une étoile boomerang qui rebondit sur les ennemis, un calibre digne de Dirty Harry, un grappin (Zelda est tu là), un canon à portails, et un masque dont je tairai les détails. Ces armes spéciales permettrons de résoudre les énigmes en activant des mécanismes, de franchir des précipices, ou encore de se téléporter, et bien sûr à exploser les Démons, Anges, et autres Bêtes bizarroïdes.

Les armes bénéficient en effet de 4 niveaux de puissance qu’il faudra augmenter en gagnant des âmes. Rien de plus simple, tuez vos ennemis et vous en aurez, étant le Cavalier de la Guerre, ça ne devrait pas poser de problème. Pour vous aider dans cette quête, le Démon Vulgrim vous offrira ses services sous forme d’un magasin où vous achèterez vos combos, fioles de soin ou de furie, et vos améliorations. Il permettra aussi de voyager entre les différentes régions du jeu en empruntant son Passage des Serpents, route dimensionnelle faisant la liaison entre les mondes et raccourcissant grandement les trajets.

Le gameplay se prête très bien au pad PS3, tout est réactif et léger, mis à part un double saut parfois cabotin dû à un petit manque de réactivité lors de la pression de la touche Croix. Néanmoins, le système de progression a été suffisamment bien pensé pour ne pas devoir recommencer la moitié d’un niveau à cause d’un saut raté ou d’une mort prématurée, vous reviendrez au bord du gouffre ou juste avant votre combat avec un peu moins de vie.

Les niveaux sont certes inspirés de Zelda, une zone, un donjon, un objet, un Boss, mais le déroulement rappelle grandement l’ambiance sombre et gothique de Soul Reaver. Le mélange n’en reste pas moins parfaitement réalisé et fluide, les combats sont violents, la satisfaction immédiate, et la soif de vengeance exacerbée. Un autre point vient clore les inspirations de gameplay : Portal. En fin de jeu vous découvrirez le « Couloir du Néant » vous permettant de vous téléporter au travers de portails oranges et bleus, comme dans le célèbre hit de Valve. Les énigmes et combats rattachés à ce système sont novateurs et s’intègrent totalement dans le level design tordu et intelligent, rien n’est jamais fait inutilement, chaque action sert à l’avancée dans le jeu et le scénario.

Parlons du scénario justement. Ne cherchez pas une critique sociologique sur la fragilité de l’homme et son désir de destruction, le leitmotiv est la vengeance, le fond est le devoir, rien d’autre. Malgré tout, l’histoire de Darksiders est intéressante et se suit dans les actions de manière fluide, connaissant la fin, une suite est à prévoir. Seul bémol, sous quelle forme sera servi la narration, mystère…

Il faudra une quinzaine d’heures aux plus rapides pour terminer Darksiders dans son ensemble. Connaissant les bonus cachés et les Achievement Whores que vous êtes, 25 heures ne seront pas de trop.

Darksiders ouvre l’année 2010 avec brio, il saura contenter et divertir les joueurs de tous univers. Violent et pourtant posé, son gameplay emprunte ce qu’il y a eu de mieux tout en se l’appropriant de belle manière, de quoi bien commencer l’année.

Notation :

- Graphismes : 18
Le talent de Madureira allié à des décors riches et ouverts, un design fort et ravageur.

- Bande son : 19
Des musiques tantôt lyriques, tantôt Metal, des chœurs, Mark Hamill, des bruitages excellents, que demander de plus.

- Gameplay : 17
Intuitif, puissant, sans prise de tête, des combats qui donnent des sensations.

- Scénario : 16
Simple mais pourtant efficace, ce dernier sait donner l’envie et impliquer le joueur.

- Durée de vie : 18
Entre 15 et 25 heures selon vos envies et votre temps, mais suffisante pour prendre son pied

Note finale : 18

Darksiders est l’un des meilleurs Beat’em all de ses dernières années. Alliant savamment divers gameplays pour servir son œuvre, Vigil Games réalise ici une sauce qui prend Diaboliquement bien.

Par : Fox

Crédits image : Vigil GamesDarksiders.com.