Orée d’Enclin, chelle morte saison,
Ardrent chil pré, trépassent oiseillon,
Ser Chevalier et Garde des Ombres,
Mage Ethéré et Voleur Sournois,
Puissent porter en ces tamps Lux et Foy,
De Dénérim à la Brécilliane,
Impie au sang impur du Grant Tréfond,
Groupe Uni Vaincra l’Archidémon,
Qui fu Golefalois ou Antivane,
Tous furent aprestét et tré et paveillon,
Pour aler gerroier Le Dragon.
Renart de Manie, Geste du Roy Cailan, 9ème Ere du Dragon.
Le RPG Occidental est un genre qui se doit de proposer une certaine richesse scénaristique et de multiples possibilités au joueur. BioWare, créateurs des Baldur’s Gate, KOTOR, et Mass Effect, nous présentent ainsi leur dernier né, Dragon Age : Origins.
Devant la multitude de tests et d’avis, et face à une envie de changement dans mon traitement actuel des softs, je vous proposerai ici un test un poil différent. Le style plus ouvert et moins technique abordera néanmoins les points importants du jeu, mais le besoin de partager cette expérience avec vous primera sur le reste. La notation globale ne sera pas une moyenne mais une note plus générale reflétant plus mon avis personnel.
Une fois n’est pas coutume…
If I Die Before I Wake…
Dragon Age: Origins est un RPG Occidental rare.
Ne vous arrêtez pas au design et aux textures plutôt dépassés, l’important n’est pas là. Ce RPG est ce qui s’est fait de mieux depuis belle lurette, la profondeur scénaristique est telle que vous vous y plongerez avec un réel intérêt. Les Baldur’s Gate étaient d’excellents jeux, les KOTOR ont apporté une pierre de plus à l’édifice et Mass Effect un oeil nouveau, mais ici, la synthèse de ces connaissances fait souffler un vent chaud sur le genre.
Il est difficile de vous faire partager le voyage qui fut le mien sans vous spoiler d’une partie de l’histoire, il va falloir me faire confiance sur ce coup.
Tout commence par la création de votre personnage, divers paramètres réglables sont proposés, race, sexe, et modifications physiques. Ensuite vient le choix de votre destinée; serez-vous un Noble Humain sans problème, Nain Paria vivant dans le caniveau, ou un Elfe Majestueux errant de forêts en forêts, je choix sera vôtre. Vous disposez de plus que ces trois destinées, à vous de les découvrir. Il s’en suivra un début différent appelé « Origine » en fonction de vos choix de départ. Vous partirez ensuite à l’aventure pour combattre l’Enclin, force démoniaque millénaire qui revient encore une fois pour anéantir l’Humanité.
Graphiquement en dessous de sa version PC, les textures ne sont pas vraiment très belles, c’est dommage. L’aspect général n’en reste pas moins agréable et ne gênera pas votre expérience du jeu, et certains endroits vous étonneront tout de même.
Les musiques sont de belle facture et accompagnent bien l’action de jeu, la traduction intégrale des voix est parfaitement interprétée et les intonations ne sonnent pas « faux ».
Le gameplay est relativement facile à prendre en main, de nombreux raccourcis vous permettront de choisir vos sorts et attaques en un clic sur la gâchette droite ou gauche. Le paramétrage des actions de vos équipiers sera d’une grande aide; évolutif, plus leur niveau montera et vos liens seront forts avec eux, plus vous disposerez d’ordres d’actions automatiques à leur donner. Une fois réglé ces paramètres qui sont assez simples, vous disposerez de personnages qui réagiront aux situations de manière coordonnées, ou qui vous aideront dans les moments difficiles.
Il n’est pas question de durée de vie mais du temps que vous pourrez consacrer à ce jeu, sa longueur et sa profondeur sont tels qu’en 70 heures, je n’ai pas tout vu et tout lu. Avec plusieurs débuts et fins, un large choix de quêtes et de dialogues, vous n’aurez jamais deux fois la même expérience de jeu, sauf si vous le cherchez vraiment.
Pray The Lord My Soul To Take.
Je ne peux parler en profondeur du scénario, à mon sens ça serait un crime vous lésant des plaisirs de la découverte et de l’imprégnation, mais je peux vous offrir un bref exposé sur mon ressenti général.
Ayant choisi de terminer l’histoire complète de Dragon Age: Origins avant d’en écrire ce condensé, je dois une légère explication sur ce retard de publication plus que conséquent. Lors du test de Risen il y a peu, j’ai pris grand plaisir à explorer et essayer différents aspects du gameplay et des choix proposés. Mais arrivé en milieu de jeu, tout s’est accéléré et la fin est arrivée bien vite, trop vite quand on comptabilise les heures pour faire la première moitié de l’aventure.
La fin abrupte et le sentiment de « vite expédié » m’ayant déçus, je me devais de voir s’il en était de même pour notre candidat à l’autopsie…
Et bien non, chapeau bas, je recourbe ma Renardienne Queue devant tant de maestria et de plaisir réunis en un soft.
Il vous sera possible d’avoir des histoires d’amour avec plusieurs personnages, de vous faire aimer et haïr, de rester seul ou de réunir le monde autour de vous, vous seul avez la main sur votre destinée. Les relations entres personnages ne sont pas toujours au beau fixe, et lors de vos explorations, changez un peu de vos préférés et variez les groupes, vous pourrez profiter de duels de langues fourchues et autres histoires passionnantes. Si la bonne entente générale sera préférable pour bénéficier d’un bonus en combat, les amateurs de guerres ouvertes ne seront pas pénalisés pour autant. Chose rare dans un RPG, vous pourrez congédier directement les personnages dont la présence ou l’odeur ne vous conviennent pas, ils disparaîtront de votre vue à jamais sans demander leur reste. Très orienté KOTOR, ces liens avec les personnages seront d’un intérêt certain dans l’approfondissement de l’histoire de chacun et aussi de celle du Monde en général.
Autre point qui a été un atout majeur dans mon enthousiasme lié à ce soft, le Codex.
Héritier du Codex de Mass Effect, il n’en est pas moins tentaculaire, porteur de nombreuses précisions sur Férelden et les pays voisins, il offre une immense mine de connaissances augurant de suites poussées dans leur scénario. Vous en apprendrez plus sur les us et coutumes des peuples de l’univers, les secrets, et les légendes. Je vous enjoins donc à profiter au maximum de ces informations, elles font partie intégrante de l’ambiance et du plaisir de jeu.
Profitez de Dragon Age : Origins, qui même s’il n’est pas exempt de défauts, gagne haut la main sa place au Panthéon des meilleurs RPG produits en Occident. Doté d’une mécanique relativement dynamique et d’un scénario très agréable, il saura plaire à un large public. Un agréable voyage qui m’a donné envie d’y retourner bientôt.
17.5/20
Par : Fox






1 commentaire pour "360 : Dragon Age Origins"
Jamais vu une telle immersion dans un Jeu de Rôle. Tout bonnement incroyable ! Et en plus Bioware a su s’affranchir de lourds poncifs inutiles (comme se reposer pour récupérer ses sorts…).
Casual ? Non, intelligent.