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Délaissant l’univers d’Half Life et de Counter strike, les studios Valve révisent nos bons vieux classiques de l’horreur. Left 4 Dead nous emmène dans un univers digne du grand Romero, c’est-à-dire, un pur film de Zombies qui n’ont d’yeux que pour votre cervelle. Mais contrairement à leurs ancêtres amorphes, nos chères têtes pourries sont légèrement dopées aux amphétamines et aux stéroïdes. Je vous vois brandir la pancarte Dany Boyle avec un sourire sociopathique et la bave aux lèvres, vous avez entièrement raison. Ils sont véloces les petits, et ils ont faim…

First I was affraid, I was petrified…

Pas la peine de tergiverser, voici vos objectifs : survivre et rejoindre un véhicule d’évacuation. Pour y arriver, le joueur doit donc choisir entre 4 buffets sur pattes dignes des plus grands navets du genre. Il y a Bill, le vétéran du Viet-Nam bardé de médailles, Zoey, l’Etudiante passionnée par les films de Zombies qui se retrouve dans sa matière favorite, Louis, l’Informaticien au chômage et aux dents longues, et Francis, le Biker tatoué et viril qui prend son pied dans cette apocalypse.

Ils vont devoir faire face à la Horde, composée de centaines d’infectés. Cette chair à canon n’attend que de recevoir vos balles en pleine tête. Mais prenez garde, c’est lorsqu’on se sent en sécurité, qu’un zombie sort du noir et vous arrache la jugulaire. De plus, cinq infectés dit « spéciaux » pimentent le voyage :

- Le Boomer, une véritable bombe à vomi qui attire la horde s’il vous touche.

- Le Smoker, créature à la langue de caméléon qui vous agrippe à trente mètres pour vous offrir le baiser de la mort.

- Le Hunter, prédateur bondissant aux griffes acérées qui vous éviscèrera si vous ne faites pas attention.

- La Witch, pleureuse immobile qui piquera sa crise et vous tuera si vous la dérangez.

- Et le meilleur pour la fin, le Tank, sorte de Mister Hide échappé de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires, qui détruira tout sur son passage avant de jouer à la poupée avec votre dépouille.

Vous avez demandé la Police, ne quittez pas …

Maintenant que le coroner est là, ouvrons le sac pour voir ce qu’il y a dedans :

Graphiquement, ne vous attendez pas à une tuerie visuelle ultime. Le moteur du jeu est le nonagénaire « Source » de Half Life 2, qui malgré son âge avancé, arrive encore à cracher ses tripes, et avec maestria. Tout a été travaillé avec grand soin, les effets de lumière sont d’une rare perfection, la modélisation des personnages très réussie, voire bluffante.

Les animations sont propres et soignées, le design urbain post apocalyptique donne le ton et nous immerge dans l’univers dès les premières minutes. Malgré quelques bugs de collision pardonnables, le level design est aussi très réussi Les nombreuses cachettes et les petits raccourcis permettent de trouver un salvateur équipement ou une échappatoire à vos poursuivants dans chaque map, si l’on cherche un peu.

La gestion du grain de l’image paramétrable apporte encore plus de vie dans le jeu, donnant parfois l’impression de regarder une vidéo amateur du désastre.Les quatre campagnes disponibles pour l’instant sur 360 vous transporteront dans des endroits différents, de quoi faire un peu de tourisme. En premier, la ville, avec son terrible métro, en second vient la banlieue, et ses quartiers résidentiels, la suite se déroule dans les bureaux sur la route de l’aéroport, et la campagne boisée vers la ferme clos la visite guidée de Zombiland.

Chaque campagne possède sa propre ambiance, vous ne jouerez pas de la même manière si vous êtes dans un espace confiné ou au grand air, et la peur ne sera pas non plus la même. Digne représentant du film de genre, les clins d’œil à ces grands frères du septième art sont légion. De la horde grimpant aux grillages en hurlant au pauvre zombie errant sans but dans les ruelles, tout est fait pour vous plonger complètement dans cette aventure terrifiante. Les affiches de films des écrans de chargement présentent les joueurs comme des acteurs incarnant les personnages, vous êtes dans un film d’horreur dont vous êtes le(s) héros. Les inscriptions murales disséminées un peu partout vous aideront à vous faire une idée sur la date et les circonstances de cette tragédie. A vous d’être attentif au signes, ils sont nombreux. Les théories plus ou moins fumeuses fusent sur le net et participent au buzz Left 4 Dead.

L’ambiance sonore n’est pas en reste. Sans elle, vous ne pourrez jamais sortir de ce cauchemar. Si dans beaucoup de FPS j’ai l’habitude de couper le son et de mettre du Gojira à la place pour fragger avec amour, ici, il n’en est rien. Il est presque impossible de le faire tellement chaque détail sonore est important. Les infectés spéciaux ont chacun un cri ou un grognement distinctif qu’il sera impératif de savoir reconnaître pour assurer sa survie. Une musique anxiogène accompagne chaque événement marquant du jeu, augmentant un peu plus l’angoisse chez le joueur et ses compères d’infortune.

Niveau Gameplay, on touche au Divin, et je choisis mes mots avec grand soin.

Valve a su capter les nombreuses attentes des frustrés du pad, la fluidité de la visée, la précision des sticks analogiques, la vitesse de rechargement, rarement maniabilité fut plus instinctive dans un FPS. Les vétérans se souviendront peut être du Counter Strike sorti sur XBOX, qui était au goût de beaucoup un modèle de réussite à ce niveau. Là, le pari est entièrement rempli et il est vraiment difficile de faire la fine bouche. Le souci du détail est impressionnant sur ce point, ce qui à mon goût, lui attribue une médaille que mes pouces lui remettent avec respect et déférence.

Andy’s Gun Workshop.

Les armes de Left 4 Dead ne sont pas nombreuses, mais chacune possède son utilité, là aussi, le soin apporté par Valve force le respect.

Si lors de chaque début de campagne vous ne possèderez que le pistolet Colt 1911 illimité accompagné au choix du fusil de chasse calibre .12 ou du Uzi 9mm, lors de vos pérégrinations au pays des bouffeurs de cervelles vous découvrirez d’autres armes. Vous aurez droit à des bombes à retardement émettant un ’’bip bip’’ et attirant la horde loin de vous, des cocktails molotov à servir chauds, et surtout, ce après quoi tout survivant courra, les armes de level 2. Le M16A2 Army, le Benelli 12mm automatique 10 cartouches, le M21 Sniper Semi automatique et le deuxième 1911 vous seront indispensables pour vous sortir de ce petit voyage en zone hostile. Il faudra souvent jongler entre le pompe ultra rapide et les armes plus ’’fines’’ qui vous sauveront à distance, mais gardez quand même de quoi vous protéger de près, on ne sait jamais. Vous découvrirez aussi la Gatling sur trépied lors de phases où la horde arrivera pour un dîner improvisé, avec vous en plat de résistance.

I Like To Vomit Vomit …

Left 4 Dead n’est pas un jeu solo, c’est une pure expérience multi-joueurs en coopération online. Bien sur, vous avez la possibilité de jouer en écran splitté, avec une qualité plutôt moyenne offline, mais l’essence de ce jeu n’est pas là. Comme un bon vin, il révèlera toute sa puissance s’il est partagé avec d’autres, amis ou inconnus. Les deux possibilités vous seront offertes grâce à des serveurs dédiés assez performants, même s’ils sont submergés de gamers en manque de vomi.

Deux modes online sont proposés, Campagne coop à quatre publique ou privée avec des amis, où chacun peut choisir son survivant préféré, et Versus 4vs4 où les survivants affrontent les infectés. Vous y vivrez les mêmes campagnes qu’en solo, mais vous pourrez recommencer autant de fois que vous le voudrez, ça ne sera jamais la même chose. On pourra peut être se lasser assez vite des campagne trop peu nombreuses mais le futur add on corrigera vite ce petit défaut. Le jeu se divise en quatre modes de difficulté, facile, normal, avancé et expert. Je recommande le dernier à ceux qui ont vraiment une âme suicidaire et des coéquipiers fiables et entraînés, ça ne sera pas de la tarte !

A mon sens, l’âme de Left 4 Dead se situe dans son Versus mode, car pour la première fois dans un jeu, vous jouez à vous faire peur entre amis jusqu’à huit joueurs.

Dans ce mode, vous choisirez l’une des deux campagnes disponible sur 360, Sans Merci ou Sanglante Moisson, les deux autres devant être disponibles au printemps. Et elles seront gratuites, grande première. Une équipe de quatre incarnera les survivants, l’autre les infectés spéciaux hors Witch, définis par le serveur au hasard. A chaque fin de chapitre, on inverse les rôles ! Les infectés respawnent environ vingt secondes après leur mort, ce qui ne laisse que peu de répit au camp adverse qui compense par sa puissance de feu et la possibilité de se soigner.

Si ce mode ne vous inspire guère, imaginez la scène : Vous êtes un hunter, tapis dans l’ombre et attendant que vos amis survivants arrivent. Grâce à vos sens d’Infecté Spécial, vous les voyez à travers les murs et vous délectez de votre futur meurtre. Un ami Boomer est caché dans le coin opposé quand soudain, il vomit sa bile sur un pauvre survivant qui reçoit une horde de plein fouet.

Au moment de bondir, une image apparaît à l’écran vous disant :

VOUS ALLEZ ÊTRE LE TANK, ATTAQUEZ LES SURVIVANTS !

Comment résister à une telle invitation !?

Pour une expérience optimale du versus de Left 4 Dead, quelques conseils pratiques pour le versus : – Essayez de toujours être à huit, les bots gâcheront votre plaisir en détectant les infectés de trop loin, et même parfois à travers les murs. – Mettez vous en groupe d’amis, il n’y a rien de plus beau que d’entendre votre copain Fred hurler ‘‘Ha ! A l’aide ! On me bouffe !’’ pendant que tranquillement vous lui arrachez les boyaux en chantonnant The End des Doors. – Montez le son ou mettez un casque, vos oreilles vous aideront à éviter une mort funeste. Vous l’aurez compris, Left 4 Dead est l’une des grandes réussites de cette fin 2008 et de ce début 2009, l’add on printanier corrigera les dernières imperfections avec des campagnes supplémentaires en solo et versus, et un mode survival façon Horde de Gears of War 2. Ce FPS est une référence du multi coopération, sa force d’addiction est telle que dans le métro, en voyant un jeune avec une capuche, vous penserez à un Hunter en souriant bêtement. Une expérience à vivre pleinement en Live, avec sa bande de potes, comme une soirée horreur au coin du feu, avec plein d’histoires gores qui font peur.

Venez affronter votre destin, et sauver votre peau, si vous le pouvez….

Les plus :

- Gameplay proche de la perfection.

- Ambiance immersive et prenante.

- Difficulté progressive et vrais challenges à haut niveau.

- Le versus mode innovant et terriblement addictif.

- Une vraie expérience coop.

- Le soulagement de voir le véhicule de secours à la fin.

Les moins :

- Oubliez le solo offline.

- Répétitif à très hautes doses.

- Seulement deux campagnes en versus, misère.

- Des serveurs parfois surchargés par les hordes de gamers.

Notes :

- Graphismes : 14/20

Ce bon vieux moteur source est encore là pour un ultime baroud d’honneur, et même vieillissant, il sait encore nous surprendre.

- Bande son : 18 /20

Des bruitages précis et propres, des voix très cliché qui ajoutent un trait d’humour dans cette marrée sanglante.

- Jouabilité : 18/20

Un gameplay frôlant la perfection, nerveux et instinctif, de quoi régaler les assoiffés du frag. Une force coopérative incroyable, vous serez surpris par les réactions de vos amis qui se jetteront sur vous pour vous sauver, ou vous tuer…

- Durée de vie : 14/20

Des campagnes un peu courtes, seulement deux campagnes en versus, mais vous ne vous lasserez pas de si tôt de poursuivre vos amis, ou d’aller attaquer un Tank seul au fusil à pompe, pour faire le héros. Le contenu déjà disponible sur PC augmentera la durée de vie, et vu le potentiel de ce soft, il devrait y en avoir encore plus tard.

Note finale : 16/20

FPS survitaminé de cette fin 2008 et belle surprise online, Left 4 Dead pêche cependant par la maigreur de ses campagnes disponibles, surtout en versus, et par les graphismes un peu vieillots de son moteur.

Si j’ai un conseil à vous donner, achetez le les yeux fermés, vous ne serez pas déçus. Vous aurez peur, mais vous allez adorer ça.

Par : Fox